«Vous n’allez pas nous faire porter le chapeau d’un blocage du pays», répond Berger au gouvernement

Les syndicats font «valoir un droit qui est un droit constitutionnel, c’est-à-dire de manifester un désaccord», a rappelé le patron de la CFDT, à trois jours d’une première journée de mobilisation jeudi.

La réponse du berger à la bergère. Visiblement agacé par les déclarations récentes de plusieurs ministres et responsables de la majorité, appelant les syndicats à ne pas bloquer le pays à l’occasion de la mobilisation à venir contre la réforme des retraites, Laurent Berger a répliqué ce lundi matin. «Il y a une petite musique qui monte un peu partout ces jours-ci. (…) Je dis au gouvernement et à d’autres : vous n’allez pas nous faire porter le chapeau d’un blocage du pays», a lancé le secrétaire général de la CFDT sur Franceinfo.

Par rapport aux manifestations et grèves à venir dans de nombreux secteurs jeudi 19 janvier, à l’appel des huit principaux syndicats français – dont la CFDT -, le syndicaliste a expliqué faire «valoir un droit qui est un droit constitutionnel, c’est-à-dire de manifester un désaccord». «Mobilisons massivement le 19 pour qu’il y ait un maximum de gens qui défilent pacifiquement mais en exprimant fermement un mécontentement» contre le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans prévu dans le projet de l’exécutif, a ajouté Laurent Berger.

Celui-ci a d’ailleurs indiqué que les élus et responsables du Rassemblement national (RN) n’étaient «pas les bienvenus» aux manifestations. Quant aux partis de gauche, qui soutiennent la contestation, «c’est derrière», a-t-il affirmé. «Ce n’est pas une manifestation politique, c’est une manifestation syndicale», a ajouté le dirigeant cédétiste.

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«Pas un droit de blocage», selon la majorité

Ces derniers jours, les ministres et responsables de la majorité ont multiplié à l’égard des syndicats les appels à la «responsabilité». «Il y a un droit de grève, de manifester, mais c’est important aussi de ne pas pénaliser les Français», a déclaré la première ministre Élisabeth Borne en fin de semaine. «On peut manifester sans bloquer un pays», a abondé le porte-parole de l’exécutif Olivier Véran sur LCI vendredi. «Je souhaite que ça ne se traduise pas par des blocages du pays, il y a plein de gens qui souhaitent continuer à travailler, à vivre, et on peut exprimer une opposition sans bloquer le pays», a répété le ministre du Travail Olivier Dussopt dimanche. «Ce droit de grève n’est pas un droit de blocage», a renchéri, dans le même temps, la patronne des députés Renaissance, Aurore Bergé, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Invité sur RMC/BFMTV ce lundi matin, Bruno Le Maire a adopté un ton encore plus sévère, affirmant que le gouvernement était prêt à débloquer le pays si besoin. «Le droit de grève est un droit constitutionnel, le droit de manifester est un droit constitutionnel, (…) mais bloquer non. Empêcher ceux qui veulent aller travailler de travailler, non. Nous ferons respecter cette règle simple. La démocratie, c’est la libre expression, ce n’est pas le désordre, ce n’est pas le blocage», a indiqué le ministre de l’Économie.


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