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Violences sexuelles dans l’Eglise : une enquête préliminaire ouverte après les aveux du cardinal Ricard

Le parquet de Marseille a annoncé, ce mardi 8 novembre, l’ouverture d’une enquête préliminaire après que le cardinal Jean-Pierre Ricard a avoué sa «conduite répréhensible» envers une mineure.

«Il y a trente-cinq ans, alors que j’étais curé, je me suis conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans». Ces quelques mots, écrits par le cardinal Jean-Pierre Ricard et lus ce lundi par le président de l’épiscopat lors de l’assemblée plénière à Lourdes, ont ravivé le scandale des violences sexuelles au sein de l’Eglise. Une enquête préliminaire pour «agression sexuelle aggravée» a été ouverte.

En réalité, les faits sont vraisemblablement prescrits mais, d’après Dominique Laurens, procureure de Marseille, il s’agit d’établir leur nature et leur datation exactes. La magistrate veut «faire entendre l’ensemble des personnes ayant reçu des confidences ainsi que la personne qui en aurait été victime». L’enquête doit aussi déterminer s’il existe d’autres victimes potentielles.

Ce mardi 8 novembre, le parquet a indiqué que l’évêque de Nice avait été saisi de l’affaire dès le mois de février, par les parents de la victime. Ils lui ont adressé un courrier lorsque le cardinal Ricard a été désigné «pour diligenter une enquête sur des foyers d’accueil». C’est à ce moment-là que monseigneur Ricard «aurait reconnu auprès de (l’évêque de Nice) avoir “embrassé” […] la fille de ce couple, dont il aurait plus tard célébré le mariage religieux».

L’évêque de Nice n’a fait un signalement à la justice qu’en octobre dernier. Selon Dominique Laurens, ce délai s’explique par le fait qu’il n’a appris que «tardivement» la minorité de la jeune fille en question.

Christophe Disdier-Chave, administrateur diocésain de Digne, où le cardinal Ricard est en retraite, a précisé qu’aucune plainte n’a été déposée «pour le moment». Lundi, dans la foulée de ces révélations, le diocèse de Marseille a publié un communiqué rappelant que «toute personne, témoin ou victime d’abus ou de comportements inappropriés, émanant d’un membre du clergé ou d’un agent pastoral, peut être entendue par la cellule diocésaine d’écoute».

Une figure de l’Eglise de France

Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques (CEF), a en parallèle annoncé la constitution d’un «comité de suivi auquel tout archevêque ou évêque ayant à traiter du cas d’un autre évêque pour des abus ou agressions sexuelles se référera afin d’être accompagné dans toutes les étapes de la procédure».

Lundi, la CEF a en réalité révélé plusieurs faits de violences sexuelles dans l’Eglise, indiquant que dix autres anciens évêques avaient affaire ou avaient eu affaire à la justice, dont «huit mis en cause pour abus» et deux «pour non dénonciation». Le cas du cardinal Ricard a particulièrement fait réagir car il est une figure de l’Eglise de France.

Ex-archevêque de Bordeaux de 2001 à 2009, il a été le président de la CEF de 2001 à 2007 et est cardinal depuis 2006. Avant cela, l’essentiel de sa carrière s’est tenue à Marseille, là où les faits auraient été commis. Il y a occupé une dizaine de postes à tous les niveaux du diocèse de 1970 à 1993, avant d’être nommé évêque de Grenoble de 1993 à 1996, puis évêque de Montpellier.

Sa prise de position dans l’affaire Barbarin

A deux ans de sa «retraite» de cardinal, Monseigneur Ricard est l’un des quatre cardinaux français à pouvoir siéger dans le Collège cardinalice, susceptible d’élire un nouveau pape.

La confiance dont il bénéficie au sein de l’Eglise l’a même amené a être membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui reçoit les signalement d’abus commis par les clercs. En 2017, Jean-Pierre Ricard avait d’ailleurs signalé l’ex-évêque de Dax à la justice en raison d’«attitudes pastorales inappropriées» envers des jeunes.

En 2016, au plus fort du scandale autour de l’ex-archevêque de Lyon Philippe Barbarin, accusé de ne pas avoir dénoncé à la justice des abus sexuels commis par un prêtre dont il avait eu connaissance, le cardinal Ricard avait là aussi pris position.

«Quand il y a une accusation, soit il faut que la famille porte plainte, soit il faut inviter le prêtre lui-même à se dénoncer, ou bien l’évêque a un devoir de faire un signalement au procureur de la République», avait-il déclaré. Avant d’appeler à prendre «véritablement en considération la souffrance des victimes» qui «ont besoin que les choises soient dites et que les responsables soient sanctionnés et condamnés».

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