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« Une sacrée mamie », le manga qui parle aux enfants et à leurs grands-parents

Il s’est vendu 47 millions d’exemplaires de mangas l’an dernier en France. Vous savez, les fameuses petites BD japonaises souvent évoquées dans ce cahier Parents & Enfants. Nos petits-enfants en font une impressionnante consommation mais ils ne lisent pas que cela. Ils lisent également de « vrais livres » et même de gros « vrais livres ». Il leur arrive aussi de dévorer… de gros, très gros mangas.

Autre idée reçue : nous serions, entre grands-parents et petits-enfants, incapables de partager nos lectures. Eh bien, un manga paru cette année vient battre en brèche ce nouveau cliché : Une sacrée mamie, de Shimada Yoshichi et Ishikawa Saburo, publié chez Delcourt/Tonkam – un volume double d’un peu plus de 450 pages de dessins et de dialogues – prouve que deux générations différentes peuvent s’y rejoindre.

La débrouille et le prix des choses

Le livre raconte l’histoire d’Akihiro, huit ans, brutalement arraché à sa ville, Hiroshima, et à son cocon familial. En cette fin des années 1950, sa maman n’a plus la force ni les moyens d’élever ses deux garçons. La mort dans l’âme, elle se résout à se séparer de son cadet : elle l’envoie vivre à plus de 300 km de là, chez sa grand-mère, Osano. À la campagne, dans une maison perdue au bout d’un chemin sans éclairage.

La vieille dame, qui vit pauvrement de ménages, a élevé sept enfants. Elle pensait pouvoir souffler quand, du jour au lendemain, le gamin débarque chez elle. Avec courage et bonne humeur, elle va faire face. « Même dans les moments les plus durs où nous manquions de tout, ma grand-mère restait joviale et incroyablement positive », se souvient son petit-fils dans une interview.

Osano se moque de la pauvreté mais elle ne résigne pas, et sans baisser les bras, fait donc preuve d’une énergie joyeuse et fière. Toujours à pied, on la voit traîner derrière elle un aimant, histoire de récupérer en route les bouts de ferraille qui peuvent se revendre. Améliorer l’ordinaire des repas ? La voilà qui bricole un barrage en travers de la rivière ; un peu en amont, les commerçants du marché ont l’habitude de jeter à l’eau fruits et légumes invendus : il n’y a plus qu’à ramasser ces restes piégés par les branchages.

Le reste est à l’avenant, plein de surprises et de gaieté. À son petit-fils, Osana enseigne la débrouille mais aussi le prix des choses, l’honnêteté et la générosité. Sans autre ambition que de l’aider à grandir « simplement avec un bon cœur et en aimant la vie ».

Un manga recommandé par Grand-père !

Soixante ans après les faits, l’auteur japonais n’oublie rien de cette époque héroïque, gardant pour sa grand-mère une profonde admiration. Le manga et le livre dont il est tiré témoignent de sa reconnaissance. Au « gamin sensible et délicat, cette sacrée mamie a montré par l’exemple quelques secrets pour prendre toujours la vie du bon côté, dans n’importe quelle situation ».

De toutes ces années passées auprès d’elle, Akihiro aura beaucoup appris. Et pour nous aussi qui avons son âge, cette mamie se révèle très inspirante. Comme mes petits-enfants ne la connaissent pas, je vais même leur en parler. Imaginez un peu : un manga recommandé par grand-père !

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.la-croix.com

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