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TikTok dans le viseur de Pap Ndiaye

French Education and Youth Minister Pap Ndiaye leaves after taking part in the weekly cabinet meeting at The Elysee Presidential Palace in Paris on November 10, 2022. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
LUDOVIC MARIN / AFP French Education and Youth Minister Pap Ndiaye leaves after taking part in the weekly cabinet meeting at The Elysee Presidential Palace in Paris on November 10, 2022. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

LUDOVIC MARIN / AFP

Le ministre de l’Education Pap Ndiaye veut lutter contre TikTok, où des vidéos incitent à porter atteinte à la laïcité à l’école.

ÉDUCATION – La République est-elle vraiment plus forte que TikTok, comme le clamait Pap Ndiaye le 13 octobre dernier dans une interview au Monde ? Le ministre de l’Éducation s’inquiétait à l’époque de la hausse des atteintes à la laïcité dans les écoles, encouragées selon lui par des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, et assurait qu’il allait « faire ce qu’il faut pour limiter autant que possible l’influence néfaste de ces agitateurs islamistes ».

Pourtant un mois plus tard, ce mercredi 9 novembre, les chiffres sur les « phénomènes d’atteintes à la laïcité », dont la publication est mensuelle depuis la rentrée, ne rassurent toujours pas. Les signalements ont plus que doublé entre septembre et octobre, passant de 313 à 720. L’augmentation est significative, puisque 627 incidents avaient été relevés pendant tout le premier trimestre 2022, et 904 au deuxième trimestre.

Plus précisément, 40 % des incidents recensés en octobre le sont pour « port de signes et tenues » religieux, contre 54 % en septembre. Viennent ensuite les provocations verbales (14 %, contre 5 % en septembre), la contestation d’enseignement (12 %, contre 7 %), le refus des valeurs républicaines (9 %, contre 2 %), les revendications communautaires (6 %, contre 7 %), le refus d’activité scolaire (5 %, contre 7 %).

La viralité des vidéos TikTok pointée du doigt

Interrogé dans l’émission « Quotidien » après la publication de ces données, Pap Ndiaye a donné « trois explications » à cette forte hausse : la viralité des vidéos TikTok, « l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty » tué le 16 octobre 2020 par un jeune radicalisé, et le fait que l’on « encourage très fortement les chefs d’établissements à faire remonter tous les signalements ».

Dans ce contexte, le ministère de l’Éducation est passé à l’offensive. Ce jeudi 10 novembre, il a publié une circulaire visant à renforcer « le suivi et l’accompagnement méthodologiques, juridiques et humains des situations sensibles ». Elle s’appuie sur quatre axes : sanctionner les élèves, protéger et soutenir les personnels, accompagner les chefs d’établissements, et former les personnels, en particulier ces chefs d’établissement justement.

Si l’action dans les écoles, collèges et lycées, ne pose pas de problème majeur, il est en revanche « très difficile » de lutter contre les vidéos TikTok, a reconnu Pap Ndiaye sur l’émission de TMC. « Nous n’avons pas les armes juridiques », déplore-t-il.

Ce dernier a pourtant reçu des représentants du réseau social fin octobre « pour leur indiquer que [le ministère n’était] pas du tout satisfait de la modération » sur TikTok, qu’il juge « extrêmement faible (…) car elle intervient avec retard ». Autre problème mis en avant par Pap Ndiaye, les « bulles algorithmées (…) qui fournissent des vidéos de conseil sur le port de tel ou tel accessoire pour déjouer la loi ».

Pas « une tendance de fond », se défend TikTok

En effet ces vidéos, parfois vues plusieurs milliers de fois, montrent comment cacher son voile sous un bonnet, comment faire passer son abaya (robe longue) pour une tunique, ou comment la cacher dans des pantalons et pulls amples. Avec le phénomène d’algorithme, plus un utilisateur ou une utilisatrice de TikTok regarde ces contenus, plus ils apparaissent dans son fil d’actualité.

« On a cette marée de vidéos qui incitent à déjouer la loi, à la contourner de façon plus ou moins habile. Nous souhaitons que les réseaux sociaux s’emparent de cette question et soient plus actifs », a encore insisté le ministre de l’Éducation.

Contacté par le HuffPost, le réseau social d’origine chinoise affirme que « tous les contenus sont les bienvenus sur TikTok, dès lors qu’ils respectent nos Règles Communautaires et la loi des pays où nous opérons. Nous supprimons tous les contenus qui pourraient enfreindre ces règles ».

Quant aux atteintes à la laïcité, « il est important de préciser que le volume des vidéos publiées reste faible, qu’il ne s’agit en aucun cas d’une tendance de fond, et que leurs contenus sont d’une grande diversité », se dédouane TikTok.

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