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Stellantis investit au Maroc, à l’assaut en Afrique-Moyen-Orient

L’Afrique-Moyen-Orient a toujours été une région clé pour l’ex-PSA. Les fameux Peugeot 404 et 504 pick-ups des années 60 à 90, qui sillonnent encore les pistes africaines, y ont acquis notamment une solide réputation de robustesse, avant d’être relayés par des véhicules japonais, coréens et maintenant chinois. Après son retrait d’Iran en 2018 pour des raisons politico-diplomatiques, l’ancien groupe PSA (devenu Stellantis début 2021 en fusionnant avec Fiat Chrysler-FCA) a donc misé gros sur le Maroc. Et le constructeur franco-italo-américain double à présent la mise. Il a ainsi annoncé mercredi soir “un investissement de plus de 300 millions d’euros sur le site de Kenitra”, une usine que le constructeur a inaugurée en juin 2019, avec un investissement initial était 550 millions d’euros.

L’objectif de l’extension est de “doubler les capacités de production à 400000 unités annuelles”. Cet investissement devrait créer localement près de 2000 nouveaux emplois, Avec cette montée en puissance, le site marocain de Kenitra, situé dans une zone franche entre Rabat et Tanger, rivalise désormais en taille avec celui de Renault, qui fabrique principalement des Dacia à Tanger. Le groupe Stellantis, qui  produit les Peugeot 208 et les voiturettes électriques Citroën Ami et Opel Rocks-e essentiellement destinées à l’export vers l’Europe de l’ouest, compte assembler sur place une nouvelle gamme de véhicules sur la plateforme “Smart car”, pour le marché local.

Celle-ci a déjà été industrialisée en Inde et en Amérique du sud avec le lancement cette année de la nouvelle Citroën C3. Il s’agit d’une plate-forme issue de celle des actuelles 208, mais simplifiée pour coûter moins cher et être adaptée aux pays émergents. Diverses silhouettes sont prévues. Des véhicules de marque Fiat sur cette même plate-forme pourraient rejoindre à terme la production de Kenitra. Cette capacité additionnelle soutiendra les plans de croissance de l’entreprise dans la région Afrique et Moyen-Orient. Stellantis vise une capacité totale de production d’un million de véhicules par an d’ici à 2030.

Fiat très fort en Turquie

Si le Maroc est une pièce maîtresse du dispositif régional de l’ex-PSA, Stellantis compte aussi d’autres implantations dans la zone. Le groupe dispose ainsi d’une grosse installation industrielle historique de Fiat à Bursa, en Turquie. L’Italien y est présent depuis le début des années 70. Stellantis a également de petites usines d’assemblage comme celle de Namibie et il nourrit des projets en Egypte et en Algérie (pour Fiat). Le projet algérien est aléatoire, toutefois, vu le contexte économico-politique toujours difficile dans ce pays. Mi-octobre, une convention-cadre a été signée. La première voiture devrait a priori sortir d’usine fin 2023.

Le groupe a vendu l’an dernier 219000 unités en Turquie, essentiellement des Fiat. Le groupe y dispose d’une part de marché de près de 30%. Le constructeur a aussi vendu 43000 véhicules en Egypte (23% de pénétration), 37000 au Maroc, selon le site d’informations marocain  Le matin.ma. L’an passé, Stellantis a écoulé plus de 410000 unités dans la région Afrique-Moyen-orient, avec une part de marché de 12%. Il est le troisième acteur local derrière Toyota et le Coréen Hyundai-Kia, toujours selon le site Le Matin.ma. Il y devance, Renault, Volkswagen et Ford. Stellantis vise une pénétration de 22% en 2030 dans cette région regroupant 80 pays.

L’ex-PSA a subi un gros coup dur dans la région, à cause de son retrait en 2018… du crucial marché iranien, sous la pression américaine. Numéro un traditionnel, PSA avait écoulé 443000 véhicules sous la marque Peugeot en 2017 dans le pays, pas loin de son record de 2010 (461.000). L’Iran était son deuxième débouché mondial. Et l’ex-PSA comptait y produire 350000 véhicules par an vers l’an 2020. Mais las ! Iran Khodro, son ancien partenaire en Iran, continue toutefois de produire sans licence des anciennes Peugeot 206 et 405 (depuis 1991) avec des pièces de contrefaçon chinoise. Une fois les gros projets avortés en Iran, l’ex-PSA a vu ses ventes dans la région Afrique-Moyen-Orient chuter de moitié en 2018. L’objectif officiel de monter à un million d’unités dans la zone en 2025, dont 400000 en Iran, a donc été sérieusement compromis. Cet objectif est donc reporté à 2030 aujourd’hui… sans l’Iran et… avec l’apport des activités de FCA.

 

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