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Le président français Emmanuel Macron a décidé jeudi de déclencher l’article 49.3 de la Constitution française, qui accordait à l’exécutif gouvernemental le privilège de faire adopter des réformes controversées des retraites sans vote parlementaire. Cette décision donne à l’opposition le droit d’appeler immédiatement à un vote de confiance et risque d’envenimer davantage le mouvement de protestation après des mois de manifestations.

La décision a été prise quelques minutes avant le vote prévu à l’Assemblée nationale, la chambre basse du parlement français.

Le projet de loi fera passer l’âge de la retraite de 62 à 64 ans et constitue la législation phare du second mandat de Macron. Le plan impopulaire a provoqué des grèves et des manifestations majeures dans tout le pays depuis janvier.

Cette décision devrait déclencher une motion de censure rapide à l’égard du gouvernement Macron.

L’annonce est intervenue quelques heures après que le Sénat, la chambre haute de la France, a adopté le projet de loi jeudi matin lors d’un vote de 193 voix contre 114, un décompte largement attendu puisque la majorité conservatrice de la chambre haute du parlement est favorable à un relèvement de l’âge de la retraite.

Mais le gouvernement n’était pas sûr du nombre de voix à l’Assemblée nationale, forçant Premier ministre français Élisabeth Borne pour annoncer le déclenchement de l’article 49.3.

L’opposition réagit avec fureur

La décision court le risque d’attiser davantage les protestations et les grèves qui ont secoué la France ces derniers mois. Il donne également à l’opposition le droit de demander immédiatement un vote de confiance au parlement.

L’opposition a réagi avec fureur à la décision d’éviter un vote après des semaines de débats sur la législation.

Les législateurs de l’opposition française se sont moqués lorsque Borne a annoncé la décision, et de nombreux députés ont commencé à chanter l’hymne national à la chambre basse.

La session a été suspendue pendant deux minutes car la réaction des législateurs de gauche a empêché Borne de parler.

Certains brandissaient des pancartes indiquant « Non à 64 ans ».

Lorsque la session a repris, Borne a pris la parole mais son discours a été largement noyé par les huées et les chants des députés de l’opposition et les cris de « démission », dans une scène chaotique rare au parlement français.

« Quand un président n’a pas de majorité dans le pays, pas de majorité à l’Assemblée nationale, il doit retirer son projet de loi », a déclaré le chef du Parti socialiste, Olivier Faure.

La politicienne française d’extrême droite Marine Le Pen a dénoncé cette décision et a déclaré qu’elle déposerait une motion de défiance envers le gouvernement au parlement.

La décision est un « échec total » pour Macron et le Premier ministre Borne « ne peut pas rester » à son poste, a déclaré Marine Le Pen, candidate d’extrême droite à la présidentielle de 2022 et qui dirige désormais les députés du Rassemblement national (RN) au parlement.

« Le Parlement a été ridiculisé, humilié »

Le recours à la mesure risque d’enrager davantage les syndicats, les manifestants et les partis d’opposition de gauche qui affirment que la refonte des retraites est injuste et inutile.

« Ce gouvernement n’est pas digne de notre Ve République, de la démocratie française. Jusqu’au bout, le Parlement a été ridiculisé, humilié », a déclaré Fabien Roussel, chef du Parti communiste français.

Macron a promu les changements de retraite comme étant au cœur de sa vision pour rendre l’économie française plus compétitive.

Près de 500 000 personnes ont manifesté contre le projet de loi dans tout le pays mercredi.

Les défis économiques ont provoqué des troubles généralisés dans toute l’Europe occidentale. Mercredi en Grande-Bretagne, les enseignants, les jeunes médecins et le personnel des transports publics ont fait la grève pour obtenir des salaires plus élevés pour correspondre à la hausse des prix. Et le gouvernement de gauche espagnol s’est joint aux syndicats pour annoncer un accord « historique » pour sauver sa retraitesystème en augmentant les coûts de sécurité sociale pour les hauts salaires.

(FRANCE 24 avec AFP, AP et Reuters)