«Pertes et dommages» : tout savoir sur cet enjeu au coeur de la COP27

Le sujet clé de cette 27e conférence internationale pour le climat, qui se tient actuellement à Charm el-Cheikh en Egypte, est de toute évidence la question des «pertes et dommages», ce geste de solidarité des pays du Nord envers ceux du Sud pour faire face aux effets du changement climatique. Voici les tenants et les aboutissants de cette promesse.

Une revendication enfin entendue ? Après plusieurs heures de discussions houleuses, la question des «pertes et dommages» a finalement été inscrite à l’agenda de la COP27, qui se tient en ce moment à Charm el-Cheikh en Egypte. Cette requête des pays du Sud porte sur l’indemnisation des dégâts causés par les catastrophes liées au réchauffement climatique. 

l’origine de cette revendication

Le terme de «pertes et dommages», ou encore «pertes et préjudices», a été officiellement consacré à l’issue de la COP21, lors de l’Accord de Paris en 2015. Mais le sujet n’est pas si récent. Il a été mis sur la table dès les premières négociations climatiques, et a notamment été mentionné la première fois au Sommet de Rio de Janeiro en 1991.

Il désigne les dégâts irréversibles causés par le changement climatique. Ces derniers peuvent être liés à des événements extrêmes, comme les inondations, les vagues de chaleur ou les cyclones, ou à des processus plus lents, à savoir la montée progressive du niveau de la mer ou encore la sécheresse. De même, il peut s’agir de pertes économiques, telles que la destruction des infrastructures ou des moyens de subsistance, ou non-économique, comme la perte de la biodiversité ou d’une culture suite à une relocalisation forcée.

Une question de justice climatique

Depuis 1991, les pays les plus vulnérables au dérèglement climatique, et plus particulièrement les Etats insulaires du Pacifique, réclament une compensation à la communauté internationale pour faire face au changement climatique.

Mais ce sujet peine à se hisser en tête des priorités lors des récentes négociations climatiques car il s’agit d’instaurer un principe de «compensation» financière, et donc de «solidarité» comme l’a souhaité à l’ouverture de la COP27 le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Or, un grand nombre de pays riches sont encore réticents à cette mesure, car s’ils l’acceptent, cela signifie qu’ils admettent leur part de responsabilité dans le changement climatique. 

L’heure des comptes

En 2009, à la COP15 de Copenhague au Danemark, les pays les plus riches s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an dès 2020. Ce fonds vert devait permettre d’aider les pays les plus vulnérables à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre et à s’adapter aux effets du changement climatique. Mais le compte n’y est toujours pas. Sur les 100 milliards par an promis en 2022, cette aide plafonne à 83,3 milliards, selon l’organisation de coopération de développement économique (OCDE). 

D’ailleurs, cette somme de 100 milliards de dollars est jugée largement insuffisante. Car comme le chiffre l’ONG Réseau Action Climat, les coûts économiques des pertes et dommages pourraient atteindre les 580 milliards de dollars par an dans les pays en développement d’ici à 2030. Et jusqu’à 1.700 milliard en 2050.

Beaucoup d’espoirs dans la COP27

Un premier verrou avait déjà sauté en 2021 lors de la COP26 à Glasgow, où l’Ecosse et la région wallonne avaient annoncé débloquer des fonds pour les pays vulnérables. Mais les regards sont aujourd’hui tournés vers les accords que prendront la centaine d’Etats présents autour de la table des négociations de la COP27, à Charm el-Cheikh, car le dossier des «pertes et dommages» a été à la dernière minute ajouté à l’agenda.

D’ores et déjà, plusieurs pays développés se sont engagés ces derniers jours à débloquer des fonds destinés aux «pertes et dommages», «un geste» salué par observateurs et Etats vulnérables. Ces derniers suivent ainsi la voie du Danemark qui avait annoncé il y a quelques semaines une enveloppe de 13 millions d’euros.

Ainsi, l’Allemagne a annoncé une contribution de 170 millions d’euros pour son initiative «Global Shield» («bouclier mondial», ndlr) destinée notamment à assurer les pays vulnérables contre les dégâts climatiques. De même, l’Irlande a promis 10 millions d’euros pour le «Global Shield» en 2023. Tout comme l’Autriche qui a fait la promesse d’engager 50 millions d’euros pour les pertes et dommages sur les quatre prochaines années. Ces pays ont également été rejoints par l’Ecosse (7 millions) et la Belgique (2,5 millions d’euros). Il s’agit d’un geste fort de la part des pays riches, principaux responsables du réchauffement climatique, mais encore loin d’être suffisant pour faire face à la crise à venir.

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