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Patrick Bruel : «Je suis comme un enfant avec une capacité d’émerveillement toujours intacte»

Quatre ans après «Ce soir on sort…», écoulé à plus de 300.000 exemplaires, Patrick Bruel revient ce vendredi avec «Encore une fois». Un dixième et nouvel album studio dont il est «très fier», et qu’il espère bientôt défendre sur scène.

«Encore une fois», titre de son 10e et nouvel album studio qui sort ce vendredi, Patrick Bruel va toucher en plein cœur. Quand on le rencontre dans les Studios de la Seine, à Paris, le chanteur de 63 ans, au timbre de voix unique, sourit comme un enfant en évoquant ce disque sur lequel il parle d’amour, mais aussi des failles et des maux de notre société tels que l’individualisme, le repli sur soi, la régression de certains droits, le réchauffement climatique, la drogue ou ce méchant «crabe» qu’il faut trop souvent affronter. Pour cet opus conçu à Montreuil, Los Angeles et L’Isle-sur-la-Sorgue, Patrick Bruel s’est entouré de ses fidèles collaborateurs comme Félix Gray, ainsi que de nouveaux venus, dont fait partie Mosimann. 

Après quarante ans de carrière et des succès comme «Casser la voix» ou «Place des grands hommes», qui ont fait de vous l’idole de toute une génération, la sortie d’un nouvel album s’accompagne-t-il encore d’une période de stress et d’anxiété ?

L’anxiété et le doute sont inhérents à l’artiste. Lorsque l’on propose un nouveau rendez-vous, on ne peut en aucun cas penser que cela est acquis. On se sent comme un débutant. Il y a tellement d’artistes talentueux qui se présentent chaque jour. La musique n’est pas une science exacte, c’est ce qui fait le charme de notre métier. Ma seule certitude est d’avoir fait de mon mieux en rendant ma copie.

Cet album, c’est mon quotidien. Il me ressemble.

Je suis très fier de ce nouvel album qui a un supplément d’âme. Ces morceaux, je les chante sans effort, avec fluidité, comme si je les interprétais depuis des années. Elles sont venues me choisir.

«Encore une fois» est un disque très dense qui aborde des thèmes de société très sombres, ainsi que des sujets plus intimes avec toujours en toile de fond, malgré tout, l’optimisme qui vous caractérise…

Cet album, c’est mon quotidien. Il me ressemble. Ce monde peut nous exploser au visage. Tout va très vite, trop vite. Pour être optimiste, il faut être réaliste et ne pas avoir peur de regarder cette réalité en face. «Encore une fois» s’apparente à un dîner où l’on discute de quinze ou seize sujets de conversation qui durent chacun trois minutes. Tous vous amènent vers des sentiments très différents. Cet album traite de sujets qui me sont chers. Le confinement a accéléré le processus de création. J’ai pu prendre le temps et reprendre des bribes de chansons qui se trouvaient dans mon dictaphone. 

Parmi ces seize nouveaux morceaux, «Je reviens» évoque votre envie de revenir un jour en Algérie, votre pays que vous avez quitté à l’âge de 3 ans. Pourquoi ce retour fantasmé ? 

Pour que ce retour en Algérie devienne réel, il fallait écrire cette chanson. Je voulais m’imaginer partir demain, prendre un avion main dans la main avec ma mère. Cette mère à qui je rends aussi hommage sur le morceau «L’instit». J’espère que ce voyage avec elle pourra se faire dans les plus brefs délais. Et ce retour sera peut-être encore mieux que dans mes rêves. 

Ce disque compte de nouvelles collaborations, notamment avec la chanteuse Hoshi. Comment s’est passée votre rencontre ?

Je l’avais croisée à ses débuts, sur un plateau de télévision. J’aimais ce qu’elle dégageait. Par la suite, nous avons enregistré un duo pour une émission sur RFM. Nous avons repris son titre «Amour censure». C’était symbolique d’interpréter ensemble ce pamphlet contre l’homophobie.

Mosimann a porté un regard bienveillant sur ce disque.

Peu de temps après, elle est arrivée avec deux propositions de chansons : «J’avance», écrit aussi avec sa compagne et Mark Weld, et «Dernier verre, premier café». Je les aimais tout de suite. 

Le DJ et producteur Mosimann est aussi présent sur cet album…

Avec Mosimann, on se connaît depuis longtemps. J’ai chanté avec lui quand il était «petit», alors qu’il participait à la Star Academy (il a remporté le télécrochet en 2008, ndlr). On est depuis toujours restés en contact. Il a porté un regard bienveillant sur ce disque. C’est un artiste talentueux et positif. Il a apporté sa touche électro-pop. 

Souhaitez-vous défendre ces compositions sur scène ?

Évidemment ! Je ne pense qu’à ça maintenant que l’album est prêt. Je ne vais pas tarder à annoncer une série de concerts qui pourraient avoir lieu fin 2023-début 2024. Mais je dois tourner une série avant.

Vous multipliez les projets en développant, entre autres, votre huile d’olive, votre vin, votre ligne de cosmétiques. N’êtes-vous jamais rassasié ? 

Je suis comme un enfant avec une capacité d’émerveillement toujours intacte. Je fais mille et une choses avec passion. Je suis en perpétuel mouvement. C’est parfois compliqué de tout combiner, mais cela me permet de rester vivant. Dans mes projets, je suis entouré de gens de confiance dont les compétences m’étonnent tous les jours. Je suis quelqu’un d’extrêmement chanceux. 

Et vos enfants, Oscar et Léon, vous suivent-ils dans chacune de vos aventures ?

Même si le temps n’est pas extensible et qu’ils vivent aux Etats-Unis, je suis très proche d’eux. Ils écoutent tous mes morceaux et me donnent leur avis, qui est très important pour moi. Léon était présent à mes côtés pour la dernière nuit d’enregistrement de l’album, car j’ai repris à la dernière minute le titre «On en parle» et cette phrase : «Cette régression amère qui insulte le temps». Avec mes fils, nous sommes très complices. Ils sont ma priorité. 

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