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Opération de l’appendicite : indications, précautions, déroulement

L’appendicectomie est aujourd’hui réservée aux cas d’appendicite les plus graves. Les progrès de l’imagerie médicale et des outils diagnostiques permettent effectivement de distinguer les appendicites simples, qui peuvent être traitées par antibiotiques, et les formes plus compliquées (péritonites), qui nécessitent une chirurgie. On fait le point.

L’appendicite désigne une inflammation et/ou une infection aiguë de l’appendice (un diverticule naturel situé dans la partie basse du gros intestin). Elle est liée aux nombreuses bactéries qui peuplent l’intestin, et favorisée par une obstruction liée aux selles (stercolithe). 

L’appendice commence par enfler. Il devient ensuite de plus en plus sensible et peut finir par former un abcès empli du pus. Lorsque cet abcès se perfore et se vide dans l’abdomen, il entraîne une péritonite, principale indication de chirurgie. 

Les principaux symptômes de l’appendicite sont : des douleurs abdominales (en bas à droite du ventre), une légère fièvre, des nausées, et parfois des vomissements. L’abdomen finit par être tendu et très douloureux, la fièvre s’élève et la fatigue s’aggrave. 

Son diagnostic repose sur un examen clinique et une prise de sang. Il doit être confirmé par une échographie ou un scanner.

Qu’est-ce qu’une appendicectomie ?

L’appendicectomie est le traitement de référence de l’appendicite. Comme son nom le laisse deviner, cette intervention consiste à retirer l’appendice pour éviter des complications telles que la formation d’un abcès ou sa rupture (péritonite). On parle d’ablation de l’appendice. Même si cela peut paraître impressionnant, cette intervention n’a pas de conséquence : les tissus cellulaires compensent sa perte. 

Crises aiguës, péritonite, abcès appendiculaires… Pourquoi la pratique-t-on ? Quelles peuvent être ses alternatives ?

L’appendicectomie est indiquée dans le cas d’une appendicite, chez l’adulte, comme chez l’enfant. En effet, les crises d’appendicite peuvent se manifester à tout âge, avec deux pics de prévalence : entre 10 et 14 ans, puis entre 25 et 35 ans. L’ablation n’est toutefois pas préconisée dans tous les cas de figure : 

  • En cas d’appendicite non-aiguës (sans complications notables), les médecins recommandent généralement une cure d’antibiotiques, jusqu’à disparition des symptômes.
  • En cas de péritonite localisée (lorsqu’un abcès s’est formé au niveau de l’appendice), les médecins recommandent également un traitement par antibiotiques. Si besoin, ils peuvent procéder à une ponction de l’abcès, sous échographie ou scanner. L’appendicectomie n’est envisagée qu’en dernier ressort.
  • En cas de péritonite généralisée (lorsque du liquide infectieux s’est répandu dans le ventre), l’appendicectomie est réalisée en urgence. 

À noter : des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) et des antidouleurs opioïdes peuvent aussi être prescrits lors d’une crise d’appendicite. En cas de nausées et/ou vomissements, on peut envisager un traitement antiémétique.

Pourquoi il n’y a plus d’opération de l’appendicite ?

L’ablation de l’appendice est de moins en moins répandue en France. En effet, les équipes médicales ont longtemps craint qu’une appendicite non-aiguë ou aiguë puisse évoluer vers une péritonite ou un abcès. De fait, les chirurgiens avaient tendance à opérer à la moindre suspicion. Aujourd’hui les antibiotiques sont bien plus souvent plébiscités.

Dans les années 1980, on comptait près de 300 000 appendicectomies par an. Un chiffre qui est tombé à 83 400 en 2012, selon un rapport de la direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Dress) publié en février 2014. À date, entre 60 000 et 70 000 opérations sont réalisées chaque année dans l’Hexagone. 

L’intervention consiste à extraire l’appendice malade et à nettoyer la zone de l’infection pour éliminer les bactéries. Les patients doivent arriver à jeun le jour de l’opération (ni aliments, ni boissons ne sont autorisés). Ils sont également perfusés pour rester hydratés et permettre l’injection de médicaments éventuels par voie veineuse (antispasmodiques, antalgiques, antibiotiques).

Dans la majorité des cas, elle est réalisée par cœlioscopie : le chirurgien fait pénétrer du gaz à l’intérieur de la cavité abdominale du patient pour mieux visualiser ses organes. Il introduit ensuite une microscopique caméra et des instruments spécifiques en passant par le nombril. Dans certains cas, le chirurgien est toutefois contraint d’ouvrir le ventre du patient lors de l’intervention, notamment en cas de complication ou lorsque l’appendice est situé dans un endroit inhabituel).

L’intervention peut aussi être réalisée par voie “classique” pour faciliter le geste, en raison de la taille de l’appendice, de sa localisation, du degré de l’infection, du sexe ou de la corpulence du patient. Le chirurgien réalise alors une incision de 2 à 3 cm sur le côté droit de l’abdomen et procède à l’ablation. 

Certaines lésions (abcès, péritonite, inflammation, etc) risquent d’occasionner des plaies intestinales. Dans ce cas, ces lésions contre-indiquent l’ablation de l’appendice. Il peut être indispensable de mettre en place un drainage pendant 5 à 7 jours. L’intervention peut ensuite être programmée dans les mois à venir. 

À noter : la technique employée n’a pas de conséquence sur la suite de la prise en charge. Par ailleurs, une fois extrait, l’appendice est transféré en laboratoire pour analyse anatomopathologique afin de confirmer le diagnostic et d’éliminer une autre cause (maladie de Crohn, tumeur, etc). 

Quelle anesthésie pour une telle opération ?

Quelle que soit la méthode utilisée, l’intervention se déroule sous anesthésie générale

Une anesthésie supplémentaire de la paroi abdominale peut aussi être réalisée sous échographie pour améliorer le confort postopératoire du patient. 

Quel est le risque de cicatrice ?

L’appendicectomie laisse systématiquement une petite cicatrice, qui s’efface petit à petit au fil du temps :

  • trois petites cicatrices, si elle est réalisée par coelioscopie
  • ou une cicatrice très fine de quelques centimètres le cas échéant (en bas à droite du nombril).

Durée d’hospitalisation : quel temps nécessaire pour se remettre d’une telle opération ?

Les suites opératoires sont souvent des plus simples. En l’absence de complications, le patient peut être autorisé à sortir :

  • le soir même, s’il est pris en charge en ambulatoire
  • ou dans les jours suivants, s’il est hospitalisé (notamment en cas de péritonite appendiculaire. 

Les patients peuvent reprendre immédiatement leur alimentation habituelle. La convalescence peut durer entre dix et vingt jours, en fonction des patients, de leur historique médical et de leur mode de vie. 

Complications : est-ce que l’ablation de l’appendice est dangereuse ?

L’ablation de l’appendice n’engendre pas forcément de complications. Suite à l’introduction de gaz dans l’abdomen, les patients peuvent toutefois ressentir une distension de la paroi abdominale. 

Un hématome peut aussi se former autour de la cicatrice.

Certains patients subissent des nausées, des vomissements, voire un arrêt total du transit intestinal.

Enfin, suite à l’anesthésie générale, ils peuvent être sujets à une fatigue importante. 

N’oublions pas de mentionner les risques allergiques, toxique, voire mortels liés à l’anesthésie générale et aux médicaments utilisés pendant l’intervention. 

Convalescence : quelle surveillance après une appendicectomie ?

Chaque patient doit respecter une période stricte de repos et de surveillance après son opération. Plusieurs mesures doivent être respectées : 

  • observez le repos et respectez les recommandations de votre médecin ; 
  • suivez à la lettre le traitement antibiotique qui vous a été prescrit (pour éviter tout risque d’antibiorésistance) ; 
  • signalez toute anomalie à votre médecin traitant ou à votre chirurgien (vomissements, fièvre persistante, réapparition de la douleur, etc) ; 
  • respectez les consultations de contrôle prescrites après l’appendicectomie.

À noter : un arrêt de travailpeut être prescrit pendant une à quatre semaines, en fonction de la technique chirurgicale employée, de l’état de santé du patient, de sa profession, et des éventuelles complications. 

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