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LR claque la porte du Conseil de Paris pour dénoncer la forte hausse de la taxe foncière

Rachida Dati, présidente du groupe Changer Paris Francois Bouchon / Le Figaro

La maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, regrette une «politique de la chaise vide».

Dans les locaux du groupe Changer Paris, au deuxième étage de l’Hôtel de Ville, l’ambiance est à l’ébullition. Mardi matin à 10h, les élus LR du Conseil de Paris viennent de quitter leur assemblée mensuelle pour dénoncer les orientations budgétaires de Paris décidées par Anne Hidalgo. La présidente du groupe, Rachida Dati, quelques minutes plus tôt a vivement interpellé au micro la maire PS de Paris, dénonçant la forte hausse de la taxe foncière en 2023, soit plus de 52% pour les propriétaires parisiens. « Respectez votre parole publique ! », lui a lancé la maire du VIIe arrondissement avant de quitter les lieux. Anne Hidalgo, qui avait promis en 2020 de ne pas augmenter les impôts, a de nouveau soutenu que « Paris a la chance d’avoir une situation sanitaire saine ».

Ce choix de quitter le Conseil de Paris est rare. Cela n’est arrivé qu’une ou deux fois depuis le début de cette mandature, jamais sur un dossier budgétaire, assure-t-on côté LR. Les centristes de la majorité présidentielle eux, membre du Groupe des indépendants et progressistes (GIP) sont restés pour participer au débat.

« Une triste fin de mandat…»

Pendant ce débat, les élus LR se sont réunis. Avec les siens, le maire du XVIe arrondissement, Francis Szpiner, gronde, l’œil sombre, contre l’exécutif parisien qui a transmis aux élus avec plusieurs jours de retard le document d’orientation budgétaire. Ce document annuel stratégique est celui que les élus du Conseil doivent pouvoir consulter et travailler avant le vote public ; celui dans lequel a été inscrite la hausse de la taxe foncière de plus de 52%, décidée par surprise par Anne Hidalgo. L’exécutif affirme en défense avoir prévenu les élus de ce retard. Szpiner relève: « Alors comme ça, prévenir d’un manquement vous permettrait de ne pas être en faute ? Mais qu’imaginent-ils, ici ? Compte tenu de la situation économique de la Ville, ils ne peuvent pas nous demander de travailler de cette façon… » « C’est une triste fin de mandat pour elle, observe encore le célèbre avocat parisien. Sa majorité est divisée, ses finances sont dégradées et ne permettent plus de donner un nouvel élan à la Ville. Sans même parler du climat de saleté et d’insécurité…. Les Parisiens ne sont pas heureux et ce n’est polémique de le dire, c’est un constat. Si elle se promenait dans les rues de Paris, elle constaterait ce rejet ! »

À ses côtés, deux anciens députés de Paris, Brigitte Kuster et Philippe Goujon n’en pensent pas moins. « On va saisir le préfet de Région, considérant que la procédure du budget est viciée du fait des infractions », prévient le premier. « Comment Anne Hidalgo a-t-elle pu annoncer une telle décision sans tenir au courant les élus – même ceux de sa majorité l’ignoraient – et sans permettre le moindre travail des élus sur ce choix, sans même parler d’un débat public », dénonce la deuxième.

« Une augmentation choc des impôts des Parisiens…»

Dans son bureau, l’ex garde des Sceaux Rachida Dati est détendue. Elle vient de s’opposer frontalement à la maire devant les Conseillers de Paris mais l’exercice n’était pas une surprise. « Le budget est le marqueur principal d’une mandature et d’une politique. Nous aurions dû pouvoir en débattre et en discuter en toute transparence », dénonce la maire du VIIe arrondissement. Pour elle, « cette augmentation choc des impôts des Parisiens cache la forêt des tensions au sein de la majorité parisienne ». Sur le dossier du Plan local d’urbanisme (PLU), en particulier.

« Malgré les obstructions, il y a bien eu un débat », s’est cependant réjoui en toute fin de matinée l’adjoint socialiste aux finances, Paul Simondon. Plusieurs conseillers de Paris centristes se sont en effet exprimés pour dire leurs réserves sur les choix de l’exécutif parisien, Pierre Casanova, Maud Gatel ou Pierre-Yves Bournazel… Les élus LR comptent en revanche participer au débat budgétaire proprement dit, en décembre, lors du prochain Conseil de Paris.

À la tête du groupe des écologistes, Fatoumata Koné a jugé « peu surprenante » la décision de Rachida Dati et de son groupe de quitter le Conseil. « Ce n’est pas la première fois. Leurs arguments sont si faibles qu’ils ont besoin de bruits et d’esclandres. Nous avions déjà le scenario. Ce ne sera pas la dernière fois… »

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