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Les mathématiques, spécialité favorite des lycéens plus que des lycéennes

Le ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, a annoncé, dimanche 13 novembre, le retour des mathématiques «pour l’ensemble des lycéens» dès la rentrée 2023. La discipline était devenue optionnelle depuis la réforme Blanquer du baccalauréat, adoptée en 2018. Les filières littéraire (L), économique (ES) et scientifique (S) avaient été remplacées par un tronc commun obligatoire et des « spécialités » à choisir parmi un large choix de matières, dont les mathématiques.

Ainsi, un élève qui choisit aujourd’hui la combinaison histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) et sciences de la vie et de la Terre (SVT), par exemple, ne suit plus de cours de mathématiques dès la classe de première. Avant la réforme, seuls les élèves de la filière L étaient dispensés de la discipline, avec la possibilité de poursuivre en option.

La spécialité mathématiques reste populaire

Malgré leur retrait du tronc commun, les mathématiques restent la discipline la plus choisie par les élèves de première et de terminale. Pour l’année scolaire 2021-2022, le ministère de l’éducation recensait 252 233 élèves de première générale inscrits en mathématiques. Cela en faisait la spécialité la plus populaire selon les chiffres de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp). Les sciences économiques et sociales (SES) arrivaient en deuxième position, avec 176 114 inscrits.

Entre la rentrée 2020 et la rentrée 2021, les élèves ont toutefois moins souvent choisi les mathématiques, au profit des sciences économiques et sociales (SES). Face à cette baisse d’intérêt pour la matière, le gouvernement a mis en place, depuis la rentrée 2022, la possibilité pour un élève de reprendre les mathématiques en terminale, même s’il n’avait pas choisi la matière comme spécialité en première, avec un module facultatif « mathématiques complémentaires ».

Les filles sous-représentées dans les enseignements scientifiques

Autocensure, désintérêt ou pression sociale… les filles sont moins représentées dans les spécialités scientifiques que les garçons. Ainsi, si elles sont majoritaires en terminale générale (56,2 %), elles ne sont que 39,8 % à avoir choisi les mathématiques comme enseignement de spécialité en 2021. Et même seulement 13 % à avoir choisi numérique et sciences informatiques (NSI), ou sciences de l’ingénieur et sciences physiques.

Depuis la réforme, le pourcentage de filles qui suivent au moins trois heures de mathématiques par semaine a chuté. Il baisse de 6 % pour celles qui suivent plus de trois heures de mathématiques hebdomadaires (de 53 à 47 %) et de 10 % pour celles qui suivent plus de huit heures (de 41 à 31 %), rappelle la Société mathématique de France (MSF).

Si les élèves optent souvent pour la spécialité mathématiques, c’est nettement plus vrai chez les garçons, qui sont 51 % à faire ce choix. Chez les filles, la spécialité la plus prisée est celle des SES (39 %), les mathématiques ne se positionnant qu’en quatrième position (27 %). Les élèves d’origine sociale très favorisée sont également surreprésentés parmi ceux qui choisissent les mathématiques comme enseignement de spécialité (48 %).

Globalement, les élèves qui renoncent aux maths dès la première sont de plus en plus nombreux depuis la réforme précédente : ils étaient 50 574 pour l’année 2019-2020 contre 169 982 à la rentrée 2021-2022. Un « décrochage » auquel le ministre de l’éducation souhaite remédier, alors que se tiennent, lundi 14 novembre, les Assises nationales des mathématiques, organisées par le CNRS pour dresser l’état des lieux d’une filière en mal de recrutement.

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