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les géants du pétrole dans le viseur des petits États insulaires

À la COP27, Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne a demandé la mise en place d’une taxe mondiale sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières pour financer le dédommagement des pays du Sud.
YUKI IWAMURA / AFP À la COP27, Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne a demandé la mise en place d’une taxe mondiale sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières pour financer le dédommagement des pays du Sud.

YUKI IWAMURA / AFP

À la COP27, Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne a demandé la mise en place d’une taxe mondiale sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières pour financer le dédommagement des pays du Sud.

CLIMAT – Le retour en grâce du principe du pollueur-payeur. Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda a demandé ce mardi 8 novembre, au nom des petits États insulaires, une taxe mondiale sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières pour financer le dédommagement des pays du Sud, en première ligne face aux catastrophes climatiques.

Il a également estimé que les grands pays émergents émetteurs de gaz à effet de serre, Chine et Inde, devraient abonder un fonds dédié à cette question, que réclament les pays vulnérables.

Une « Taxe carbone » sur les profits

« Au premier semestre de cette année, six entreprises des énergies fossiles ont gagné plus d’argent que nécessaire pour couvrir les coûts des dégâts climatiques majeurs dans les pays en développement, avec près de 70 milliards de dollars de bénéfices », a lancé Gaston Browne à la tribune de la COP27 sur le climat, qui se tient à Charm el-Cheikh, en Égypte.

« Il est temps que ces entreprises paient une taxe carbone mondiale sur ces profits pour financer les pertes et préjudices », a-t-il exigé, au nom de l’Alliance des petits États insulaires (Aosis) menacés par la montée des eaux.

Cette demande fait écho à celle du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui avait appelé en septembre les pays riches à « taxer les profits exceptionnels des entreprises productrices d’énergies fossiles » pour les redistribuer aux pays victimes des impacts du changement climatique et aux populations touchées par l’inflation.

La question des pertes et dommages (ou préjudices) subis par les pays du Sud, très peu responsables du réchauffement climatique mais qui en subissent cruellement les effets, a été officiellement inscrite à l’agenda de la grande réunion de l’ONU sur le climat.

Interrogé plus tard par la presse pour savoir si les grands pollueurs émergents devraient également abonder un tel fonds, le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda a répondu : « Bien sûr, la Chine et l’Inde sont des pollueurs majeurs, et le pollueur doit payer, je ne pense pas qu’il y ait d’exception pour aucun pays. Je ne dis pas ceci avec acrimonie, je me préoccupe juste de la réalité et de ce qui est équitable et juste ».

Il a souhaité que le fonds, qui devra être approvisionné en « milliards », puisse être « en place à la prochaine COP (en 2023) et pleinement opérationnel d’ici à 2024 ». Il a également précisé qu’Aosis ne souhaitait pas que le fonds soit « rétroactif (…) ce qui serait au-delà des moyens de quasiment toutes les nations, même ensemble ».

Le Pakistan en exemple

Parmi les premières victimes du changement climatique, le Pakistan a donné de la voix sur ce sujet. Le Premier ministre du Pakistan a en effet déploré ce mardi le manque de financements pour faire face aux conséquences d’un désastre climatique « causé par l’homme », comme celles que son pays vient de connaître.

« Le manque de financements est trop important pour soutenir les besoins réels de reconstruction de ceux qui se trouvent en première ligne des catastrophes climatiques », a déclaré Shehbaz Sharif lors de la COP27 sur le climat en Egypte. Selon l’ONU, les inondations qui ont submergé un tiers du territoire du Pakistan et affecté quelque 33 millions de personnes ont causé plus de 30 milliards de dollars de dégâts et pertes économiques.

« Tout ceci s’est produit malgré notre empreinte carbone très faible ; nous avons été victimes d’une chose avec laquelle nous n’avons rien à voir et bien entendu il s’agit d’un désastre causé par l’homme », a dit Shehbaz Sharif à la tribune, implorant que « les pertes et dommages » se retrouvent « au cœur de l’agenda de la COP27 ».

Les Tuvalu ont de leur côté réclamé ce mardi l’adoption d’un « traité de non-prolifération des carburants fossiles ». Le petit archipel a ainsi rejoint le Vanuatu, autre nation du Pacifique, dans son vœu de créer un mécanisme pour réguler la production des énergies fossiles et préparer le passage aux renouvelables.

« Les mers se réchauffent et commencent à engloutir nos terres, centimètre par centimètre. Mais l’addiction du monde au pétrole, au gaz et au charbon ne noiera pas nos rêves sous les vagues », a lancé le Premier ministre des Tuvalu, Kausea Natano.

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