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les Britanniques annoncent à leur tour le retrait de leurs troupes

► Pourquoi les Britanniques partent-ils ?

En annonçant lundi 14 novembre devant la Chambre des communes la fin prématurée de la mission du contingent britannique au sein de la force onusienne au Mali, la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), le secrétaire d’État aux forces armées a avancé deux principaux arguments.

Pour James Heappey, le « partenariat du gouvernement malien avec le groupe Wagner est contre-productif pour la stabilité et la sécurité à long terme dans la région ». Cette société russe de mercenaires, active au Mali, est accusée de commettre de graves exactions contre les civils et de lutter contre les groupes armés sans discernement par une myriade d’organisations et d’États – du bureau des droits de l’homme de l’ONU aux principales organisations de défense des droits de l’homme, des États-Unis à la France en passant par le Niger.

James Heappey a aussi estimé que le gouvernement britannique « ne peut pas déployer l’armée nationale pour assurer la sécurité quand le gouvernement du pays hôte n’a pas la volonté de travailler avec nous pour apporter une stabilité et une sécurité durables ». Le secrétaire d’État aux forces armées faisait allusion à toutes les restrictions et les obstructions que la mission onusienne rencontre depuis des mois au Mali de la part des autorités de Bamako issues de deux coups d’État successifs, et qui limitent et entravent leur mission de maintien de la paix dans ce pays.

► En quoi cela change-t-il la donne sur le terrain ?

Si c’est une bonne nouvelle pour les groupes armés terroristes et pour les puissances anti-occidentales qui parrainent la junte au pouvoir, c’est une mauvaise nouvelle pour la force de l’ONU et encore plus pour la population malienne. Opérationnels depuis fin décembre 2020, les 300 militaires britanniques engagés dans le nord du pays devaient initialement y rester trois ans (dans le cadre de l’« opération Newcombe »).

Ces soldats, dont 16 femmes, sont issus principalement des Light Dragoons – un régiment de cavalerie légère ultramoderne spécialisé dans la reconnaissance et le combat, doté de véhicules de combat très efficaces Jackal 2 – et du Royal Anglian Regiment, un régiment d’infanterie spécialisé dans la prise de contact et la réassurance des populations. Installés dans la base onusienne de Gao, dans le nord du Mali, ces soldats sont engagés dans des missions de reconnaissance, de renseignement et de dialogue avec la population locale pour aider l’ONU à répondre aux menaces terroristes.

► Quel avenir pour la Minusma au Mali ?

Au départ des Britanniques d’une mission de l’ONU déjà considérée comme la plus dangereuse du monde s’ajoute celui des Ivoiriens (816 soldats) rendu public mardi 15 novembre. Avant eux, les Égyptiens avaient annoncé cet été le retrait de leur 1 048 soldats de la Minusma. Les soldats français de l’ex-opération Barkhane, qui lui procurait un précieux soutien aérien, ont quitté le Mali également à l’été, tout comme les alliés européens de la France déployés au sein de la force Takuba.

Actuellement, la Minusma s’appuie sur quelque 14 000 personnels issus d’une cinquantaine de nations dont les plus contributeurs sont des pays africains comme la Guinée et le Tchad (plus de 3 000 soldats à eux deux). Mais le départ annoncé des Britanniques et des Ivoiriens risquent d’en entraîner d’autres en raison de la dégradation continue des relations entre l’ONU et la junte malienne. Le porte-parole de la Minusma a été expulsé cet été par Bamako, et 46 soldats ivoiriens venus appuyer l’ONU sont retenus prisonniers depuis le mois de juillet dans la capitale malienne. La détérioration de la sécurité est vertigineuse au Mali : les groupes armés, désormais, encerclent quasiment Bamako.

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