in

Le retour des maths obligatoires pour tous les lycéens en 2023

L’annonce tombe à point nommé. À la veille de l’ouverture des Assises des mathématiques organisées par le CNRS à partir du 16 novembre à l’Unesco, le ministère de l’éducation a indiqué dans un communiqué sa décision d’imposer à tous les lycéens de la filière générale des cours dans cette discipline à partir de septembre prochain.

Il revient ainsi sur l’un des points les plus controversés de la réforme du lycée, entrée en vigueur en 2019, l’un des jalons de l’ère Blanquer. Cette refonte a supprimé les filières (L, ES, S) et produit une forme de baccalauréat à la carte, avec des enseignements de spécialité (trois en première, deux en terminale) en complément d’un tronc commun. Or dans l’architecture initiale, les mathématiques prenaient exclusivement la forme d’une spécialité. On pouvait donc choisir de ne plus les étudier dès la fin de la seconde.

À la rentrée prochaine, à l’inverse, tous les élèves de première et terminale n’ayant pas choisi les maths comme spécialité devront suivre une heure et demie d’enseignement dans cette matière.

Un sujet de débat lors de la présidentielle

Cette évolution n’a en réalité rien d’une surprise. Critiqué par ses adversaires, qui ont fait de la place des maths au lycée un sujet de débat politique, Emmanuel Macron a promis durant la campagne présidentielle de ramener cette discipline dans le tronc commun.

Il était envisagé de le faire dès la rentrée 2022 mais l’exécutif a finalement accordé une concession aux syndicats enseignants, qui le mettaient en garde contre une trop grande « précipitation ». Le compromis trouvé ? Proposer en option – de façon transitoire, pour cette année – un cours de maths d’une heure et demie par semaine aux élèves qui n’ont pas choisi cette discipline comme spécialité. C’est ce cours visant à consolider les bases mathématiques qui à l’avenir s’imposera donc à tous les lycéens ayant choisi d’autres « spé ».

Reste à recruter suffisamment de profs de maths

À ce jour, les maths constituent l’enseignement de spécialité le plus populaire. Il est suivi par deux tiers des lycéens de première et un tiers de ceux de terminale. Mais on est loin des 85 % des élèves qui, avant la réforme, bénéficiaient de cours de maths jusqu’au bac, en séries S, ES et même pour partie L. Comme l’ont dénoncé début 2022 les sociétés savantes et les associations disciplinaires, la désaffection concerne plus encore les filles que les garçons et remet en cause la féminisation des études en sciences et en ingénierie.

Pour l’exécutif, il était donc urgent de corriger le tir. Mais l’une des raisons qui avaient conduit à sortir les maths du tronc commun demeure : cette discipline compte parmi celles qui peinent le plus à recruter des enseignants. Et les mesures promises pour renforcer l’attractivité du professorat, notamment la fin des débuts de carrière à moins de 2000 € net par mois, semblent produire peu d’effets. À tel point que le ministère vient de prolonger de deux semaines, jusqu’au 2 décembre, la phase d’inscription aux concours.

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.la-croix.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

GIPHY App Key not set. Please check settings

    Pourquoi la faillite de FTX secoue l’écosystème des cryptomonnaies

    One Piece Odyssey fait escale à Water Seven dans une nouvelle bande-annonce