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le retour des maths dans le tronc commun ne lève pas tous les doutes

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : les mathématiques retrouvent le tronc commun du lycée. Dès la seconde, pour les lycéens « en grande difficulté » face à la matière, le ministre de l’éducation nationale a annoncé un « module de réconciliation », qui rajoute une heure et demie par semaine.

Pour les classes de première en filière générale, l’option actuelle deviendra obligation à partir de la rentrée 2023. Tous les élèves de première qui n’ont pas choisi les mathématiques comme spécialité suivront une heure et demie par semaine de cette discipline. En terminale, ces élèves pourront ensuite accéder à l’option « maths complémentaires », que suivent déjà ceux qui abandonnent la spécialité maths à l’issue de la classe de première.

Se retrouveront donc ensemble, pour la dernière année de lycée, des élèves qui ont suivi un enseignement poussé en maths, avec quatre heures par semaine, et d’autres qui n’en auront fait qu’une heure et demie. Un « assemblage de niveaux très différents », qui risque de conduire à une situation assez « ingérable », alerte Anne Boyé, présidente de l’association Femmes et mathématiques.

Enseigner les mathématiques ou une culture « math » ?

L’experte s’inquiète également de ce que cette heure et demie apportera réellement aux élèves. Les cours devraient reprendre en partie l’actuelle « option maths », plutôt orientée sur la « culture générale mathématique ». Dans une interview au quotidien Les Échos, Pap Ndiaye affirme que le dispositif doit permettre « de donner à tous les élèves de lycée un niveau satisfaisant en mathématiques et adapté aux ambitions d’orientation ».

Sur le terrain, on en doute. « L’intention est bonne et nous saluons le fait que le ministère remette des maths dans le tronc commun, commence Claire Piolti-Lamorthe, à la tête de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP). Mais cette heure et demie ne sera pas suffisante pour s’orienter vers des études supérieures qui mobilisent les maths, qu’il s’agisse d’études scientifiques ou même de gestion et de commerce. »

Des problèmes pour l’orientation post-bac

Avant la réforme du lycée, les élèves qui choisissaient la filière « S », scientifique, suivaient six heures de mathématiques en terminale et ceux de la série « ES », économie, cinq. L’option « maths complémentaires », elle, n’en comporte plus que trois. L’enseignante craint donc des problèmes d’orientation pour des lycéens qui ne prendraient pas la « spé maths », pensant que l’option complémentaire est suffisante.

« Le point positif de la réforme des spécialités était d’être beaucoup plus lisible pour l’avenir professionnel, reconnaît Claire Piolti-Lamorthe. Mais ces choix s’effectuent en seconde, donc très précocement, à un moment où les jeunes mesurent mal l’impact futur. »« La difficulté est encore accentuée pour les jeunes filles, qui sont moins poussées vers les sciences et poursuivent plus longtemps des études généralistes », estime Anne Boyé. Sur l’année scolaire 2021-2022, seules 46 % des jeunes femmes suivaient encore des maths en terminale, dont seulement 26 % en « spé maths ». Le ministre de l’éducation a affiché un objectif de parité pour la fin du quinquennat, tout en écartant l’idée de mettre en place des quotas.

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