in

Le nucléaire, anatomie d’un ratage politique français

ÉCOLOGIE ET POLITIQUE, L’EMBRASEMENT (2/4) – Le programme nucléaire français lancé par le général De Gaulle a été victime de dix années de négligences et de tergiversations, du quinquennat de François Hollande à celui de Emmanuel Macron. Enquête sur un véritable sacrifice politique sous couvert d’écologie, dont la filière peine à se remettre.

Belfort, 10 février 2022. Devant une poignée de salariés, Emmanuel Macron annonce «reprendre en main» le «destin énergétique» de la France. Au pupitre, il revient sur des décennies de choix, le menant aujourd’hui à parler d’avenir. Celui-ci doit être tourné vers la sortie des énergies fossiles, et le renforcement de l’indépendance énergétique industrielle du pays. Le tout dans un souci d’«exemplarité climatique». Pour ce faire, le chef de l’État fixe un cap : six nouveaux réacteurs seront commandés, et la construction de huit autres sera mise à l’étude.

Les objectifs sont ambitieux, et bien loin des promesses faites par celui qui n’était que candidat cinq ans plus tôt. À l’époque, il considérait qu’il n’était «pas bon d’avoir 75% de notre énergie électrique» dépendant de l’atome. Mais la réalité d’une augmentation durable de la consommation en électricité et le retard accusé sur le renouvelable l’ont finalement rattrapé, au point de qualifier cette même proportion de «chance historique».

Il aura donc fallu un quinquennat à Emmanuel Macron pour changer d’avis, et revoir drastiquement sa copie. L’illustration, au fond, d’années d’errance au cours desquelles l’atome a souffert de son instrumentalisation par la classe politique. La guerre en Ukraine et la décision de Vladimir Poutine de réduire les livraisons de gaz à destination des pays de l’Union européenne ont renforcé la pression sur une filière particulièrement fragile – 26 des 56 réacteurs du parc sont actuellement à l’arrêt, et quinze d’entre eux sont sujets à des problèmes de corrosion. Désormais, les Français doivent se préparer à un hiver difficile et veiller à limiter leur consommation d’électricité. Voilà une énième conséquence de quarante ans de petits arrangements et autres calculs politiciens, dont il faut désormais remonter le fil pour comprendre…

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 87% à découvrir.

Black Friday

-70% sur l’abonnement numérique

Déjà abonné ?
Connectez-vous

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.lefigaro.fr

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

GIPHY App Key not set. Please check settings

    La fertilité masculine est en déclin partout dans le monde selon une étude

    La Nupes appelle à mieux payer les spécialistes de la lutte contre l’évasion fiscale