in

le niveau départemental «pas adapté» à la criminalité organisée, selon le chef de la police judiciaire

Le patron de la police judiciaire (PJ) Jérôme Bonet a reconnu jeudi 17 novembre que le département, échelon choisi dans la future réforme de la police pour regrouper tous les services sous l’autorité d’un seul directeur, n’était «pas adapté» à la lutte contre la criminalité organisée.

«Le tout département n’est sans doute pas adapté à la lutte contre les phénomènes les plus graves», a indiqué le directeur central de la police judiciaire (DCPJ), auditionné à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une mission d’information conduite par les députés Marie Guévenoux (Renaissance) et Ugo Bernalicis (LFI).

Une réforme soutenue par le ministre de l’Intérieur

Cette réforme voulue par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin suscite une vive opposition d’enquêteurs de la PJ, de magistrats et d’avocats. Elle prévoit de placer tous les services de police du département (renseignement, sécurité publique, police aux frontières et police judiciaire) sous l’autorité d’un seul directeur départemental de la police nationale, dépendant du préfet.

Les opposants à ce projet dénoncent le risque d’un «nivellement vers le bas», un renforcement du poids du préfet dans les enquêtes et un échelon départemental inadapté à la nouvelle criminalité. Le directeur central de la police judiciaire, qui s’exprimait publiquement pour la première fois sur la réforme, s’est dit favorable à la création d’un «niveau zonal», incluant plusieurs départements, pour la lutte contre la criminalité organisée qui est aujourd’hui «sans frontières».

En cas de désaccords sur les priorités à donner au sein d’un département, notamment en matière de PJ, «les arbitrages devront être faits à l’échelon du dessus», a-t-il ajouté, tout en défendant le bien-fondé de la création d’une filière PJ regroupant les enquêteurs spécialisés et ceux des commissariats, qui traitent la masse des dossiers. «Si je me projette comme le futur directeur national de la police judiciaire, je dois pouvoir dire là il n’y a pas assez d’enquêteurs, là il en faut plus», a poursuivi Jérôme Bonet.

Gérald Darmanin a déjà assuré, devant les vives critiques suscitées par son projet, que les enquêtes financières et les affaires liées à la probité des élus seraient gérées au niveau du directeur zonal.

Néanmoins, le flou règne encore sur les moyens dont disposera ce directeur zonal, que Jérôme Bonet souhaite «importants», et ses liens hiérarchiques avec le directeur départemental. «Le sujet qui reste en chantier, c’est le niveau de rattachement des unités spécialisées» de la PJ, a reconnu le DCPJ. La réforme, dont l’application a été repoussée après le premier semestre 2023, fait actuellement l’objet d’un audit dont les conclusions doivent être remises mi-décembre.

À VOIR AUSSI – «Le système judiciaire est au bord de la rupture et de la faillite»

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.lefigaro.fr

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

GIPHY App Key not set. Please check settings

    Les « ailes » du vaisseau Orion sont des panneaux solaires « vitaux » pour Artemis I

    coup d’envoi des débats au Sénat