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Le masculin l’emporte sur le féminin y compris sur les stéréotypes de genre, selon cette étude

Un tiers des hommes se disent « très masculins », alors que moins d’un quart des femmes se disent « très féminines ».
Malte Mueller / Getty Images/fStop Un tiers des hommes se disent « très masculins », alors que moins d’un quart des femmes se disent « très féminines ».

Malte Mueller / Getty Images/fStop

Un tiers des hommes se disent « très masculins », alors que moins d’un quart des femmes se disent « très féminines ».

GENRE – Les femmes plus enclines à se distancier des normes de genre ? C’est ce qui semble ressortir d’une étude de l’Ined (l’Institut national d’études démographiques) publiée ce mercredi 9 novembre. Selon le sociologue Mathieu Trachman, qui s’appuie sur l’enquête Violences et rapports de genre (Virage), le rapport au genre n’est pas le même selon le sexe.

Pour sa méthodologie, l’étude a interrogé 27 268 personnes, divisées en deux groupes, les hommes et les femmes, n’intégrant donc pas les personnes non binaires.

Sans surprise, la majorité des femmes se disent « plutôt féminines » et la majorité des hommes « plutôt masculins ». Très peu d’hommes se disent « un peu » et « très féminins », idem pour les femmes qui se disent « un peu » et « très masculines ».

À l’inverse, un tiers des hommes se disent « très masculins », alors que moins d’un quart des femmes se disent « très féminines ». Un peu plus de 9 % des femmes se disent « pas très féminines », alors que seuls 2 % des hommes se disent « pas très masculins ».

Une prise de distance plus forte des femmes

Un résultat qui, pour le sociologue, peut être interprété à la lumière des valeurs que les personnes attribuent à la féminité et à la masculinité. « Les variations du genre selon le sexe reflètent sans aucun doute une dévalorisation du féminin par rapport au masculin, analyse Mathieu Trachman dans l’étude. Les hommes s’identifient plus volontiers à une catégorie socialement valorisée, les femmes prennent leur distance vis-à-vis d’une catégorie discréditée. »

Mais on peut aussi penser qu’il reflète une prise de distance plus forte des femmes par rapport à des normes de genre jugées illégitimes ou trop contraignantes, concernant par exemple le corps, la tenue vestimentaire, les modes de vie conjugaux ou sexuels.

L’étude catégorise les participants par « corpulence », « diplôme le plus élevé obtenu », « catégorie socio-professionnelle » et « identification sexuelle ». Les hommes en sous-poids, selon l’IMC de l’OMS, sont plus nombreux à se dire un peu, très féminins et pas très masculins. Dans une moindre mesure, les femmes en surpoids sont plus nombreuses à se dire un peu, très masculines et pas très féminines. Ces positionnements de genre reflètent donc des représentations assez stéréotypées des féminités et des masculinités.

Parmi les personnes qui s’identifient comme homosexuelles ou bisexuelles, les tendances sont les mêmes. Seulement 9,2% des hommes homosexuels se disent « pas très masculin », quand les chez les femmes homosexuelles elles sont 39,2% à se dire « pas très féminine ». « On peut faire l’hypothèse que la valorisation sociale du masculin explique son attrait pour certaines femmes, en particulier lesbiennes, souligne Mathieu Trachman, et la difficulté à s’en distancer pour les hommes, même gays. »

« Valorisation sociale du masculin »

Le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle font nettement varier les positionnements de genre chez les hommes. Plus les hommes sont diplômés, moins ils ont tendance à se dire « très masculins ». Les cadres et les professions intellectuelles supérieures se disent moins souvent « très masculins » que les ouvriers, les agriculteurs et les employés.

Mais pour Mathieu Trachman, il s’agit pour ces catégories socioprofessionnelles d’affirmer une « masculinité distinguée ». « Ne pas se dire très masculin serait une manière de faire des distinctions de classe avec du genre, de tenir pour un peu fruste une affirmation masculine sans nuance, sans que cela soit lié par ailleurs aux pratiques de genre ou que cela remette en cause la hiérarchie du masculin et du féminin », développe-t-il.

De fait, rappelle l’étude, les enquêtes sur la répartition des tâches domestiques montrent que les hommes appartenant aux classes supérieures ne s’investissent pas plus que ceux des classes populaires. Chez les femmes, les diplômes et les catégories socioprofessionnelles ont moins de poids.

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