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La défenseure des droits relance le débat sur les cours d’éducation à la sexualité

C’est l’une des recommandations du rapport annuel de la défenseure des droits, présenté jeudi 17 novembre : garantir et renforcer l’éducation à la sexualité (EAS) « pour mieux sensibiliser les enfants au droit et au respect de la vie privée ». Les cours prévus par la loi ne sont « toujours pas effectifs », pointe Claire Hédon, qui relance le débat sur un sujet brûlant depuis la rentrée.

En septembre, un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igesr) révélait en effet que moins de 15 % des élèves bénéficiaient des trois séances d’EAS à l’école et au lycée, et moins de 20 % au collège. Celles-ci sont obligatoires, depuis une loi de 2001, mais dans les faits le compte n’y est pas.

Le ministre de l’éducation l’a lui-même reconnu et a signé une nouvelle circulaire pour les rendre ces séances effectives « dès cette année scolaire ». Pap Ndiaye dit vouloir faire de l’éducation à la sexualité « une priorité ». Les questions de « consentement », de « santé publique », de « respect de l’autre » sont « devenues centrales aujourd’hui », a-t-il déclaré le 9 novembre dans l’émission « Quotidien », sur TMC, annonçant également la publication «de fiches pédagogiques pour que les enseignants puissent enseigner sans réticence sur ces sujets ».

Lever les freins

Ces nouvelles ressources suffiront-elles à lever les freins ? Jérémy Destenave, professeur de sciences de la vie de la Terre et d’éducation à la sexualité, au collège, en doute. « Les ressources, on les a, ce qui nous manque, ce sont les heures, dit-il. Les textes sont clairs sur les contenus mais ne disent pas qui doit le faire, ni quand, ni comment. Concrètement, lorsqu’un enseignant a envie de s’investir, il est obligé de prendre du temps sur les cours des collègues. » La solution à ses yeux ? Intégrer ces séances dans l’emploi du temps des élèves.

Pour Céline Sierra, en revanche, tout nouveau support sera le bienvenu. « Il y a beaucoup de ressources pour le collège et le lycée mais peu pour le primaire », affirme cette professeure des écoles. Les deux enseignants se rejoignent toutefois sur l’autre frein majeur à l’EAS : le manque de formation.

« Il n’y a pas de formation initiale, et la formation continue en primaire est surtout axée sur les fondamentaux, lire, écrire, compter, assure-t-elle. Or, sans accompagnement, on se sent un peu seul pour parler d’un sujet intime et miné par les polémiques. » En 2014, les « ABCD de l’égalité » avaient dû être retirés, et en 2018 des rumeurs avaient circulé sur l’apprentissage de la masturbation à l’école.

Des cours qui se réduisent souvent à une information sur la contraception et les IST

Pour aborder ces « questions sensibles », les enseignants peuvent solliciter l’infirmière scolaire, mais le manque de personnel leur complique la tâche. Certains établissements font également appel à des associations agréées, comme le Planning familial dans le public ou le Cler Amour et famille dans le privé sous contrat, bien que ces interventions soient assez rares, faute de moyens.

Les parents et les élèves, eux, ne savent pas toujours qu’ils ont droit à cet enseignement. « Ma fille est en cinquième et n’a jamais entendu parler de ces séances », témoigne Lolie. Gaspard, 18 ans, se souvient de « quelques cours au collège », mais regrette de ne pas en avoir eu davantage car il y a « appris des choses », notamment concernant « la pornographie ».

L’éducation à la sexualité est essentielle « pour sensibiliser (…) au respect du corps humain, prévenir les violences sexuelles et sexistes et promouvoir une vision égalitaire des relations entre les femmes et les hommes », rappelle la défenseure des droits, qui déplore toutefois que les cours « se réduisent trop souvent à une information sur la contraception ou à la prévention des infections sexuellement transmissibles ».

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Les autres points du rapport

Le rapport annuel de la défenseure des droits porte cette année sur le droit à la vie privée pour les enfants. Il recommande notamment :

D’inscrire dans la loi des modules obligatoires d’éducation au numérique au collège, portant entre autres sur les droits numériques (droit à l’image, au déréférencement…), et de proposer des espaces de ressources et des formations à destination des parents.

De sensibiliser les professionnels de l’éducation nationale à la réalité du cyberharcèlement scolaire et de les former au repérage de ces situations.

De mieux sensibiliser les parents et les élèves au cyberharcèlement, avec une séance d’information à chaque rentrée scolaire.

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.la-croix.com

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