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La conférence des évêques de France réduit la voilure

Ils avaient retoqué une première réforme il a y cinq ans mais cette fois, ils ont dû s’y résoudre. Les évêques de France ont voté, vendredi 31 mars, au cours de leur Assemblée plénière à Lourdes, une vaste restructuration de leur conférence épiscopale. Cet organe national qui fédère tous les évêques en exercice, leur permet d’échanger et de lancer des impulsions sur les questions d’annonce de la foi dans les diocèses français, ainsi que sur des sujets sociétaux, sociaux, éthiques…

La Conférence des évêques de France (CEF) a également un rôle de représentation auprès des pouvoirs publics et des médias. Cependant, son autorité hiérarchique sur les évêques et les diocèses est limitée. Un évêque répond directement au pape et demeure la plus haute juridiction de son diocèse.

« Le missionnaire voyage léger »

La restructuration de la CEF est destinée à faire faire des économies à l’Église de France, sur fonds de scénarios financiers inquiétants pour l’institution. Selon les informations recueillies par La Croix, en 2031, un tiers des diocèses seraient en cessation de paiements s’ils gardaient la même trajectoire de dépense. La CEF, qui emploie un certain nombre de laïcs et fait vivre de nombreux services nationaux, doit comme les diocèses, réduire la voilure.

« Le missionnaire voyage léger », philosophe un évêque, pour qui la restructuration de la CEF est la bienvenue, tant les structures actuelles ne correspondent de toute façon plus à la « mobilité évangélique » attendus des responsables de l’Église. « Certes, nous renonçons à des choses utiles mais il y a aussi de nouveaux besoins à assurer ». Parmi lesquels, les nombreuses préconisations contre les violences sexuelles et spirituelles, parfois coûteuses à mettre en place, votées au cours de l’Assemblée plénière de printemps qui s’est achevée à Lourdes, vendredi 31 mars.

Suppression de tous les services nationaux

La conférence épiscopale prépare cette réforme depuis 2021. Pour être sûr d’associer tous les évêques à la réflexion et de voir cette fois la restructuration votée (un premier projet avait été rejeté en 2018 par les évêques), un cabinet extérieur (Nexus) les a fait plancher par groupes depuis 2021, pour élaborer quatre scénarios de réforme, dont un radical baptisé « hôpital de campagne ». Dans cette hypothèse – la plus extrême – le conseil permanent, la communication, conseils et service de la CEF étaient entièrement supprimées pour laisser la place à une structure ultralégère codirigée par un laïc et un évêque.

Finalement, parmi les quatre scénarios préparés, a été retenue une hypothèse médiane, mais conséquente. Parmi les grands axes de la réforme de la CEF : la montée en puissance des provinces ecclésiastiques – qui regroupent plusieurs diocèses d’une même zone géographique – et l’allègement de la structure nationale. Cela permettra notamment de mutualiser, à terme des moyens des diocèses à l’échelle de la province.

Compte tenu de la mise en valeur de la province ecclésiastique, un représentant de chacune sera désormais membre du conseil permanent de la CEF, en plus de son président, des deux vice-présidents de facto représentant leurs provinces, ainsi que l’archevêque de Paris, membre de droit. Les Conseils qui réunissaient jusqu’à maintenant des évêques et des experts pour animer le travail sur un domaine précis (santé, liturgie, famille…) sont supprimés à l’exception de ceux dédiés à l’Enseignement catholique, aux questions canoniques et juridiques et à la lutte contre la pédocriminalité. Les services nationaux, chargés du travail opérationnel de ces conseils, vont, eux aussi, disparaître.

Suppressions de postes à venir

À la place de cette organisation, six pôles vont être créés, qui seront dirigés par cinq évêques et quatre laïcs. Trois dédiés « à la mission » : Annonce de la foi, Dialogue Bien commun et Solidarité, Acteurs de l’Église. Trois autres pôles supports seront également institués : Affaires temporelles, Communication, Affaires institutionnelle et internationale. Enfin, il s’agira aussi pour la CEF de mieux rentabiliser son siège, situé dans le VIIe arrondissement, avenue Breteuil.

Aujourd’hui sous-occupé, cet immeuble de 5 000 m2 acheté à une congrégation religieuse en 2004, va être réorganisé de façon à en louer une partie à d’autres structures d’Église ou à des entreprises, telle que France 5. Enfin, à l’occasion de la conférence de presse, Mgr Eric de Moulins Beaufort a évoqué la délicate question du personnel, dont une partie devra être licenciée : « il va nous falloir au fil du temps réduire le nombre de personnes engagées. Le conseil permanent accompagnera le secrétariat général dans ce travail minutieux et délicat », a souligné le président de la Conférence des évêques de France.

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Written by Mark Antoine

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