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Interdiction de la corrida ? Qui est pour, qui est contre à l’Assemblée

Photo d’illustration prise lors d’une corrida le 7 août 2022.
JOSE JORDAN / AFP Photo d’illustration prise lors d’une corrida le 7 août 2022.

JOSE JORDAN / AFP

Photo d’illustration prise lors d’une corrida le 7 août 2022.

POLITIQUE – Aymeric Caron, député LFI de Paris, entend bien lancer le débat sur l’interdiction de la corrida à l’Assemblée nationale. En commission dès ce mercredi 16 novembre, puis dans l’hémicycle le 24 (si le temps le permet) dans le cadre de la niche parlementaire de La France Insoumise, les débats s’annoncent musclés. Car rares sont les groupes qui s’accorderont sur une consigne unanime.

« Les députés de tous les partis politiques souhaitent aujourd’hui que cette pratique soit abolie », veut croire Aymeric Caron comme il l’a dit mardi 15 novembre en conférence de presse. « J’espère bien que mes camarades du parti communiste, du parti socialiste, sachant qu’il n’y a aucun débat parmi les insoumis, seront à la hauteur », ajoute-t-il. Le député antispéciste est optimiste, car à ce stade, seul le soutien des élus écologistes semble acquis par principe.

Au sein des socialistes, la question n’était pas encore tranchée ce mardi matin. « On doit se réunir aujourd’hui. Je ne sais pas s’il y aura une décision de groupe ou s’il y aura une liberté de vote. Le débat n’a pas encore eu lieu », a reconnu Olivier Faure, député de Seine-et-Marne sur Public Sénat ce 15 novembre.

« À titre personnel », lui estime qu’il y a « une évolution nécessaire, mais elle est difficile parce qu’elle touche à des traditions très ancrées. » « Je sais que les ferias sont des évènements très populaires (…) et qu’il faut aussi laisser vivre les traditions. Simplement quand elles sont cruelles, il faut savoir inventer des choses, avec les aficionados, avec le monde de la corrida, qui permettent d’éviter la souffrance animale », déclare-t-il sans se mouiller.

Les communistes sont partagés. « Il y a des avis différents au sein du groupe GDR, on votera différemment », nous soufflait un élu une semaine auparavant.

Divisions sur tous les fronts, de la majorité au RN

Le Rassemblement national est dans la même situation. Certains de ses élus sont ouvertement contre l’interdiction de la pratique, tandis que d’autres, à l’instar du député de l’Yonne Julien Odoul, se sont déjà prononcés pour. Ce qui ne signifie pas forcément qu’ils voteront ce texte, en grande partie à cause de son auteur, confiait-il au HuffPost le 2 novembre.

Les groupes de la majorité ne sont pas plus unanimes. Le patron du groupe Horizons Laurent Marcangelli a déclaré sur franceinfo ce mardi que son groupe tenterait de s’accorder sur « une position commune ». Mais lui est plutôt contre l’interdiction : « Je considère aujourd’hui que la mesure verticale que souhaite monsieur Caron n’est pas une bonne manière de faire les choses », fait-il valoir, sans exclure la liberté de vote pour son groupe en cas de dissensions trop vives.

Il en sera sans doute de même au sein de Renaissance, selon les confidences de Sylvain Maillard, député de Paris et porte-parole du groupe, au Journal du Dimanche. Avant d’être présidente des députés, Aurore Bergé avait signé une tribune favorable à l’interdiction de la corrida, pratique jugée « barbare » et son point de vue est partagée par d’autres, comme l’élu des Hauts-de-Seine Emmanuel Pellerin dans les colonnes du Parisien. Mais les 172 élus du groupe ne partagent pas tous ce point de vue.

Le gouvernement est contre

Quant au gouvernement il est officiellement contre cette interdiction. Les ministres de la Transition écologique Christophe Béchu et de l’Agriculture Marc Fesneau jugent le texte « pas prioritaire » pour le premier et « pas opportun » pour le second. « Le gouvernement ne souhaite pas mettre en place des régimes d’interdictions », a précisé le porte-parole Olivier Véran sur BFMTV dimanche.

En interne, certains élus Renaissance préfèrent miser sur l’éviction du texte faute de temps, la proposition d’Aymeric Caron n’intervenant qu’en quatrième position dans l’ordre du jour de la niche LFI, après la constitutionnalisation du droit à l’IVG qui risque de prolonger les débats.

« Si les textes suivent leur cours logique, le timing est bon », assure cependant l’élu LFI ce mardi. « En revanche, je sais qu’il y a des tentatives d’obstruction en préparation puisqu’il y a une vraie possibilité pour que cette loi passe. Si on constate que les processus démocratiques sont empêchés sciemment, ce sera un vrai scandale démocratique. »

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