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Hyperandrogénie : causes, conséquences, prise en charge de cet excès d’hormones masculines

L’hyperandrogénie est liée à une surproduction d’hormones sexuelles masculines chez la femme. Elle est diagnostiquée chez 5 à 10 % des femmes en âge de procréer. Comment se manifeste-t-elle ? Qui consulter pour confirmer le diagnostic ? Quelles solutions pour la contrer ? 

Définition : qu’est-ce que l’hyperandrogénie ?

L’hyperandrogénie désigne un excès d’hormones androgènes circulant dans le sang (dites hormones masculines). La principale hormone impliquée est la testostérone. Chez la femme, elle est principalement produite par les ovaires, mais aussi par les glandes surrénales, en quantité dix fois plus faible que chez l’homme.

On parle d’hyperandrogénie quand le taux de testostérone dans le sang est supérieur aux normes définies en fonction du sexe et de l’âge. Entre 20 et 45 ans, par exemple, on trouve normalement entre 0,5 et 3,1 nanomoles par litre de sang chez la femme, et entre 10 et 30 nanomoles par litre de sang chez l’homme.

Hirsutisme, acné, chute de cheveux… Quels sont les symptômes d’un taux excessif d’hormones masculines ?

L’excès d’hormones masculines se manifeste par des signes dits “de virilisation” plus ou moins intenses : 

  • un hirsutisme, caractérisé par une pilosité importante : des poils apparaissent dans des zones habituellement glabres chez la femme, comme le visage, le torse, le ventre, le bas du dos, les fesses, l’intérieur des cuisses, etc ; 
  • une hyperséborrhée (peau grasse) et une acné sévère localisée au niveau du visage, de la poitrine, en haut du dos ou des fesses ; 
  • une chute de cheveux évoluant rapidement vers une alopécie marquée au niveau du sommet du crâne ou des globes frontaux (alopécie androgénique) ; 
  • des troubles du cycle menstruel, comme une aménorrhée (absence de règles) ou une spanioménorrhée (cycles longs et irréguliers) qui peuvent impacter la fertilité ; 
  • etc. 

D’autres symptômes peuvent aussi se manifester en cas d’hyperandrogénie sévère :

  • une voix plus rauque
  • une hypertrophie musculaire (morphologie masculine avec musculature développée) ; 
  • une hypertrophie clitoridienne (clitoromégalie)
  • et une augmentation de la libido.

Les femmes en proie à cet excès de testostérone peuvent aussi ressentir une fatigue importante, un surpoids ou une obésité.

Causes : pourquoi certaines femmes ont trop de testostérone ?

L’hyperandrogénie est très majoritairement due à un syndrome des ovaires polykystiques, aussi appelé Syndrome de Stein Leventhal. Mais de nombreux facteurs peuvent aussi être en cause : 

  • La ménopause – Dans certains cas, elle entraîne une dérégulation des hormones qui engendre des signes de “virilisation” importants. 
  • Une hyperplasie congénitale des glandes surrénales (une maladie génétique de déficit enzymatique), qui entraîne une surproduction d’hormones masculines et une sous-production de cortisol (qui joue un rôle majeur dans la métabolisation des glucides, des lipides et des protéines. 
  • Une tumeur de la glande surrénale, qui entraîne aussi une sécrétion excessive d’hormones masculines et de cortisol. Elle s’accompagne aussi d’une hypercorticisme (ou syndrome de Cushing). 
  • Une tumeur ovarienne, qui entraîne une sécrétion excessive de testostérone.
  • Certains médicaments, comme des médicaments anabolisants, des pilules œstroprogestatives d’anciennes générations, des traitements androgéniques locaux, etc. 

Quid chez les hommes ?

Moins fréquemment, l’hyperandrogénie peut toucher les hommes, mais de façon beaucoup moins impactante. Les études réalisées jusqu’alors témoignent d’une atrophie, ou au moins d’une hypotrophie testiculaire.

Quelles peuvent être les conséquences de l’hyperandrogénie ?

Les symptômes de l’hyperandrogénie peuvent avoir des répercussions esthétiques, psychologiques et sociales, mais aussi physiologiques. Plusieurs complications peuvent effectivement se manifester en absence de prise en charge :

Sans compter l’impact psychologique : perte de l’estime de soi, anxiété, dépression, etc. 

Bilan hormonal : comment savoir si on a bien une hyperandrogénie ?

N’hésitez pas à contacter votre médecin traitant dès les premiers signes d’hyperandrogénie. En fonction de vos symptômes, il pourra vous rediriger vers un médecin gynécologue, un endocrinologue ou un dermatologue. 

Le diagnostic passe généralement par un examen clinique, conforté par un bilan biologique permettant de doser le taux sanguin de plusieurs hormones androgènes : testostérone totale, testostérone libre, Delta4 androstènedione, 17 hydroxyprogestérone, prolactine, SDHEA. 

Une échographie pelvienne, un scanner abdomino-pelvien ou une IRM peuvent aussi être réalisés pour éliminer un cancer pelvien ou surrénalien. 

Comment traiter l’hyperandrogénie et faire baisser le taux d’androgènes ? La pilule est-elle indispensable ?

La prise en charge de l’hyperandrogénie dépend de sa cause, on parle de traitement étiologique. 

  • Si elle est liée à une tumeur, celle-ci est retirée par une opération chirurgicale.
  • Si elle est liée à une maladie génétique comme l’hyperplasie surrénale, elle nécessite une prise en charge adaptée dans un centre expert en maladies rares. 
  • Si elle est liée à un syndrome des ovaires polykystiques, le traitement consiste à prendre en charge les différents symptômes, notamment par le biais de pilules contraceptives ou de traitements à base d’antiandrogènes (acétate de cyprotérone, spironolactone, flutamide ou finastéride, etc).

L’acné peut être contrôlée par des traitements topiques, ou par des antibiotiques.

L’hirsutisme, lui peut être pris en charge par des topiques ou un traitement laser. 

Adapter son mode de vie pour réduire les symptômes

Certaines habitudes de vie permettent d’améliorer les symptômes de l’hyperandrogénie (prise de poids hyperpilosité et acné), en particulier dans le cadre d’un SOPK, notamment pratiquer régulièrement une activité physique, adopter une alimentation équilibrée et limiter la consommation d’alcool et de tabac. 

Dès que la cause de l’hyperandrogénie est identifiée, le traitement devient plus ciblé. Des traitements spécifiques sont alors proposés. Cela est notamment le cas lors du diagnostic d’une tumeur avec la mise en place d’une chimiothérapie, d’une thérapie ciblée ou encore d’une opération chirurgicale.

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