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Faute de candidats, un délai supplémentaire pour s’inscrire aux concours enseignants

C’est sans conteste l’énième preuve du manque d’attractivité des métiers de l’éducation. Le ministère a fait savoir, jeudi 10 novembre, que la phase d’inscription aux concours serait prolongée de deux semaines. Ouverte le 18 octobre, elle devrait initialement se clore un mois plus tard mais s’étirera finalement jusqu’au 2 décembre.

Cette mesure concerne l’ensemble des concours, ceux des enseignants du premier degré (CRPE) comme du secondaire (Capes et agrégation) mais également ceux des personnels d’éducation, des psychologues de l’éducation nationale, des personnels d’encadrement, des personnels de la jeunesse et des sports, ainsi que des personnels administratifs, sociaux, de santé et des bibliothèques, précise un communiqué.

L’an dernier, 4 000 postes non pourvus

L’objectif est évidemment de tenter d’attirer un maximum – un minimum ? – de candidats, alors que la session dernière avait été marquée par une chute vertigineuse du nombre des inscrits (– 45 % pour le primaire, – 20 % pour le secondaire). Cet effondrement s’était, sans surprise, traduit par un faible « rendement » de ces concours. Ce sont ainsi 4 000 postes sur 27 000 qui n’avaient pas pu être pourvus. Avec désormais neuf disciplines déficitaires.

Pour la session à venir, le ministère ne communique pas le nombre de personnes inscrites à ce jour, mais certaines sources évoquent une situation pire encore que l’an dernier.

Confrontés de longue date à une pénurie d’enseignants, les pouvoirs publics recherchent des solutions. Un second concours est par exemple proposé au sein de l’académie de Créteil, particulièrement touchée par la crise des vocations : il offre une chance supplémentaire aux candidats qui ont échoué une première fois dans une autre académie.

Un concours « exceptionnel » pour les contractuels

Le ministre Pap Ndiaye a également annoncé fin août la tenue au printemps d’un concours « exceptionnel » de titularisation destiné aux contractuels. Celui-ci, a-t-il précisé depuis, s’effectuera dans un périmètre réduit, puisqu’il ne concernera que le premier degré et visera à satisfaire uniquement les besoins de trois académies soumises à une forte tension : Créteil, encore elle, Versailles et la Guyane. De même, seuls les non-titulaires pouvant justifier d’un an et demi d’enseignement pourront y participer.

Représentant 1 % des effectifs dans le primaire, 8 % dans le secondaire, les contractuels jouent le rôle d’une variable d’ajustement indispensable au système : l’éducation nationale en a recruté 3 000 de plus à la rentrée. Une partie d’entre eux a pu bénéficier, en amont de la rentrée, d’une formation express, quatre jours durant. C’est plus qu’insuffisant, mais cela constitue un modeste progrès. Car auparavant il n’existait quasiment aucune initiative de ce type…

D’autres pistes sont à l’étude pour pouvoir placer un enseignant devant chaque classe et améliorer le système de remplacement (dans le second degré, les absences sont en principe remplacées si elles dépassent les deux semaines, mais il arrive que des élèves n’aient quasiment pas cours de l’année dans une de leurs matières). Évoquant devant les recteurs, en Sorbonne, les difficultés à pourvoir les postes d’enseignant, Emmanuel Macron a estimé, fin août, qu’on exige « des diplômes universitaires (…) excessifs pour certains ».

Abaisser le niveau de diplôme des enseignants ?

L’une des solutions auxquelles réfléchit l’exécutif consisterait à abaisser le niveau de recrutement du bac + 5 au bac + 3 pour les professeurs du premier degré, leur formation se poursuivant éventuellement après l’obtention du concours pour les amener, comme aujourd’hui, à un niveau master.

En attendant, dans l’espoir de donner un surcroît d’attractivité aux métiers de l’enseignement, le gouvernement promet pour la rentrée prochaine une revalorisation pour hisser tous les salaires de professeur au-dessus de 2000 € net par mois.

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