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Faire le ménage émet des centaines de produits chimiques potentiellement dangereux

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Nous les utilisons pour nettoyer nos maisons. Assainir notre intérieur et notre airair. Mais des chercheurs de l’Environmental Working Group (États-Unis) avancent, dans une étude publiée dans Chemosphere, que certains de ces produits ménagers d’usage courant peuvent libérer des centaines de composés organiques volatils, les fameux COVCOV. De quoi les rendre complètement contreproductifs.

Des composés organiques volatils dans nos produits ménagers

Rappelons que les COV sont des substances chimiques qui peuvent nuire à la qualité de l’air que nous respirons. Y compris à l’intérieur de nos maisons. Ils peuvent venir de la fumée de cigarette ou de cuisinières à gazgaz ou de poêles à boisbois défectueux. Ils sont aussi émis par les peintures ou les revêtements de solrevêtements de sol. Et en quantité, donc, par nos produits de nettoyage.

Sur 30 produits nettoyants testés, les chercheurs ont identifié 530 composés organiques volatils, parmi lesquels pas moins des 193 COV connus comme potentiellement dangereux pour la santé humaine. Ils peuvent provoquer des lésions du système respiratoire, augmenter le risque de cancer ou impacter le développement. Et certains se maintiennent dans l’air de nos maisons plusieurs jours, voire plusieurs semaines ou mois.

Les produits ménagers « verts » sont meilleurs que les autres

Les chercheurs montrent tout de même que les produits estampillés « verts » — le tout se joue aux États-Unis — émettent deux fois moins de COV que les autres. Mieux encore pour les produits « verts » et sans parfum. Ils émettent huit fois moins de composés organiques volatils que les produits conventionnels. Et donc, quatre fois moins, même, que les autres produits « verts ». Côté COV classés dangereux, la tendance est la même. En moyenne quatre ont été identifiés dans les produits ménagers « verts » sans parfum, environ 15 dans les autres produits « verts » et jusqu’à 22 dans les produits conventionnels.


Produits ménagers : une source de pollution majeure dans nos intérieurs

Le magazine 60 millions de consommateurs dresse une liste de 46 produits d’entretien toxiques, sources de pollution intérieure. Parmi eux, on trouve des sprays assainissants, des produits désodorisants, des antiacariens et des désinfectants.

Article de Futura avec l’AFP Paris paru le 13/03/2017

Dans son numéro hors-série d’avril-mai 2017, le magazine 60 millions de consommateurs dresse la liste de 10 sprays assainissants, 12 produits désodorisants, 12 antiacariens et 12 désinfectants, des biens que « l’on nous vend pour purifier l’air » mais qui sont « la première source de pollution de nos intérieurs », écrit l’association de consommateurs. Des produits à « éliminer » car « loin d’assainir la maison », ils « décuplent la pollution intérieure », cumulant « des substances allergènes, irritantes, voire toxiques » comme des composés organiques volatils (COV).

« Tous ces produits restent assez nouveaux puisque leur utilisation a explosé au cours des cinq dernières années et ils sont pour l’instant passés sous le radar », remarque Adeline Trégouët, rédactrice en chef du hors-série. Ils sont d’autant moins suspectés qu’ils surfent « sur la mode des produits naturels, ou à base d’huiles essentielles, ce qui les fait échapper à l’image des gros industriels », déplore-t-elle.

Parmi les produits incriminés, le magazine cite un désinfectant La Croix, des désodorisants de la marque Fébrèze ou encore des produits Sanytol. « Notre secteur est très réglementé », se défend auprès de l’AFP l’Afise, une association qui fédère les industries de la détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle, via sa déléguée générale Valérie Lucas. « Tout est fait pour que nos produits apportent le service attendu, dans un cadre sécurisé et réglementé, avec des industriels qui tirent vers le haut pour que nos produits soient de plus en plus respectueux de l’environnement et de la santé », remarque-t-elle. « Les ingrédients qui entrent dans la composition des produits sont rigoureusement sélectionnés et testés avant d’être mis sur le marché », assure-t-elle.

Des pesticides présents dans les antiacariens

En plus de la composition des produits, l’étude pointe du doigt les informations mentionnées sur les emballages, soulignant que « un seul produit a un étiquetage satisfaisant », alors que « les autres omettent de mettre en garde les consommateurs ». Ainsi, pour les produits et traitements antiacariens, très en vogue, « les consommateurs ne sont pas suffisamment informés que les substances utilisées dans les aérosolsaérosols et les traitements textiles acaricides », tels que le linge de lit ou encore les matelas « sont en réalité des pesticidespesticides », interdits en usage agricole, même lorsqu’ils sont d’origine naturelle, regrette l’association.

Pour Valérie Lucas toutefois, 60 millions de consommateurs fait « une confusion » entre les substances employées dans l’agricultureagriculture et celles destinées au grand public car « les dosagesdosages et les conditions d’utilisation sont différents ».

Le magazine dénonce par ailleurs le discours des fabricants autour du naturel, soulignant par exemple que « malgré leurs allégations “100 % bio”, “100 % naturel”, les sprays assainissants aux huiles essentielles contiennent des substances allergènes, irritantes, voire toxiques, impliquant un étiquetage strict ». Or, « l’étiquetage de ces produits est tout simplement inacceptable », car « les deux tiers des marques trichent et font rétrécir les pictogrammes de danger, sans doute pour ne pas effrayer le consommateur ». De la même manière, certains liquidesliquides vaisselle au bicarbonatebicarbonate, lessives au savon noir, dégraissants au savon de Marseille ou encore nettoyants au savon d’Alep, contiennent « des ingrédients dits naturels » qui sont en fait « incorporés en quantité dérisoire », note encore l’étude.

Pour l’Afise, « les consommateurs doivent rester confiants et lire les étiquettes pour utiliser nos produits de la façon la plus sécurisée possible ». Le magazine recommande pour sa part à « l’ensemble des fabricants que nous avons épinglés de revoir de fond en comble leurs étiquettes », et appelle « les consommateurs à limiter le recours à l’arsenal dont les industriels voudraient les équiper ».

« Il est paradoxal de voir certains consommateurs psychoter sur les résidus de pesticides qui pourraient se trouver sur les fruits et légumes, et les introduire par ailleurs dans la maison » sous forme d’antiacariens par exemple, remarque Adeline Trégouët.

Written by Emilie Grenaud

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