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du refus de l’Aquarius à l’accueil de l’Ocean Viking, comment Macron a changé de doctrine

Emmanuel Macron et Giorgia Meloni. FILIPPO ATTILI/PALAZZO CHIGI PRE / REUTERS

RÉCIT – Le président de la République, qui a plié face à Rome ce jeudi, avait pourtant tenu tête à l’Italie en 2018, obligeant l’Espagne à accueillir le navire à l’époque.

Mêmes acteurs, autre dénouement. Comme en 2018, Paris et Rome viennent une nouvelle fois de s’affronter sur la très sensible question de l’accueil des navires transportant des migrants venus d’Afrique. Un bras de fer finalement remporté ce jeudi par l’Italie, puisque la France s’est vue contrainte d’autoriser l’Ocean Viking à accoster dès vendredi à Toulon (Var), avant que ses 230 passagers ne soient ensuite répartis dans un second temps entre différents pays membres de l’Union européenne – seuls «un tiers» d’entre eux devraient être «relocalisés» dans l’Hexagone.

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Cette décision, annoncée à l’issue du Conseil des ministres, a été prise au terme de négociations ardues entre Emmanuel Macron et son homologue Giorgia Meloni, qui ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente. Notamment élue sur la promesse de mettre fin aux arrivées régulières de paquebots humanitaires, la chef du gouvernement nationaliste a en effet opposé un refus catégorique aux exigences de ses voisins, qui la pressaient unanimement de respecter le droit international et européen, et de se soumettre à la règle dite du «port le plus proche».

Si Gérald Darmanin a cru bon de qualifier d’«incompréhensible» l’attitude du voisin transalpin, le ministre de l’Intérieur s’est toutefois empressé de préciser que la France avait agi «à titre exceptionnel» face à l’urgence de la situation. Manière de laisser entendre que la mansuétude tricolore n’aura pas vocation à se reproduire avec d’autres bateaux à court terme. Et, espère-t-il, de ne surtout pas créer d’appel d’air similaire à celui que le Vieux Continent a connu en 2015, en raison de l’ouverture des frontières de l’Allemagne alors décidée par Angela Merkel.

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Quatre ans ont passé sans que ne soient réglées les défaillances de l’Europe

Une attitude qu’Emmanuel Macron avait publiquement saluée à l’époque – il avait donné «raison» à la chancelière -, mais qu’il n’a pourtant pas toujours imité en tant que chef de l’État. En juin 2018, le même Emmanuel Macron a ainsi tenu tête au ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, en n’accueillant pas à Marseille les 629 passagers de l’Aquarius refoulés par Rome. Appelant alors à ne pas «céder à l’émotion», le président avait fustigé les «déclarations d’estrade» et la vision par le «petit bout de la lorgnette» de ceux qui lui intentaient des procès en inhumanité.

Face au double refus franco-italien de laisser le navire accoster sur leurs côtes, c’est finalement l’Espagne qui s’était muée en pays hôte. Avant que le mécanisme dit de solidarité européenne ne se mette en place, et que chaque pays prenne sa part à l’effort en fonction de ses capacités. Avec l’Ocean Viking, la France joue donc aujourd’hui le rôle qu’elle s’était refusée à assumer hier, sans qu’un contexte particulièrement nouveau ne justifie ce changement pied. Signe que quatre années ont passé sans que ne soient réglées les défaillances de l’Europe en matière migratoire.

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