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deux chasseurs jugés à Cahors

Morgan Keane, 25 ans, a été tué alors qu’il coupait du bois chez lui, dans un village du Lot: le chasseur qui a tiré et le directeur de la battue sont jugés jeudi à Cahors.

L’accident est survenu le 2 décembre 2020, alors que la lumière du jour déclinait, dans un hameau du village de Calvignac. Une battue au sanglier était organisée dans un bois proche de la propriété du Franco-Britannique. Le tireur dira qu’il l’a confondu avec un sanglier.

La mort du jeune homme avait scandalisé ses proches et des opposants à la chasse dans le Lot, qui ont créé un collectif, Un jour un chasseur, réclamant une évolution de la législation sur la chasse.

L’enquête des gendarmes a mis en évidence que le tireur de 35 ans, qui a pris la victime pour un sanglier, était inexpérimenté, ne connaissait pas les lieux et que la battue a été mal préparée et mal conduite.

Ce chasseur a notamment été “posté à un endroit impossible”, là où “un chasseur aguerri n’aurait pas tiré” sans bien identifier sa cible, estime Benoit Coussy, avocat du frère de la victime, Rowan Keane, qui s’est constitué partie civile.

La Fédération des chasseurs du Lot, qui compte quelque 6.500 adhérents, est également partie civile. Une démarche systématique dans ce genre de procès, précise son président Michel Bouscary.

– “Condamnation exemplaire” –

Rappelant que “dans cette affaire sont engagées la responsabilité du chasseur auteur du tir mais aussi celle du directeur de battue”, la Fédération nationale des chasseurs souhaite que, lors de ce procès, “toute la lumière soit faite (…) et que les manquements soient sanctionnés”.

Son président Willy Schraen espère “une condamnation exemplaire”.

“Les chasseurs qui ne respectent pas les règles élémentaires, on les exclut définitivement de nos rangs. Ca ne doit plus arriver. C’est inadmissible, cette erreur a conduit à la mort d’un homme”.

Jugés pour “homicide involontaire”, l’auteur du tir mortel et le directeur de battue, un chasseur expérimenté de 51 ans, encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement, 75.000 euros d’amende, l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans ou le retrait définitif du permis de chasse.

Pour Audrey Tindilière, du collectif Un jour un chasseur, il faudrait notamment une meilleure formation des chasseurs et “des peines plus dissuasives”.

“C’est tout un système qu’on dénonce”, explique-t-elle.

Tout en saluant la présence du directeur de battue sur le banc des prévenus, un fait assez rare dans ce genre de procès, Me Coussy a regretté que d’autres chasseurs ne soient pas également jugés pour ne pas avoir alerté de la présence de la victime ou pour avoir quitté les lieux après le coup de feu mortel, sans lui prêter assistance.

En France, le nombre d’accidents de chasse est à la baisse depuis 20 ans, selon l’Office français de la biodiversité (OFB). Néanmoins, pour la saison 2021/22, l’OFB a recensé 90 accidents de chasse, contre 80 la saison précédente. Parmi eux, huit accidents mortels, dont deux concernant des victimes non-chasseurs.

L’audience devait débuter à 08h30 et le jugement du tribunal correctionnel de Cahors devrait être mis en délibéré.

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR information.tv5monde.com

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