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Connaît-on l’ampleur du harcèlement scolaire en France ?

« Et si l’autre, c’était toi ? ». Le ministre de l’éducation nationale a lancé la campagne « Non au harcèlement » pour l’année scolaire 2022-2023 à l’occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école organisée ce jeudi 10 novembre.

Le but est de sensibiliser la communauté éducative et d’inciter les élèves victimes ou témoin à s’exprimer, mais aussi de rappeler l’existence de deux numéros verts : le 3020 pour les situations de harcèlement et le 3018 pour celles de cyberharcèlement.

En France, il reste difficile de quantifier le nombre de victimes de ce fléau. Régulièrement et depuis plusieurs années, le ministère de l’éducation affirme qu’un élève sur dix est victime de harcèlement au cours de sa scolarité. Le chiffre date toutefois de 2011, lors d’une des premières enquêtes publiées par le ministère de l’éducation nationale.

Un taux de harcèlement se situant autour de 6 % des élèves

Des études plus récentes permettent d’éclairer davantage l’ampleur du phénomène. Un rapport du Sénat publié en septembre 2021 par la mission d’information sur le harcèlement scolaire pointe qu’au niveau national, « les données convergent vers un taux de harcèlement se situant autour de 6 % des élèves ».

Les associations font état de chiffres plus alarmants. Selon Unicef France, un enfant sur deux se dit victime de harcèlement dès l’âge de 7 ans et un adolescent sur quatre à 18 ans. L’Unesco estimait de son côté en 2019 que le harcèlement touchait en France 22 % des élèves.

Le pourcentage du rapport d’information du Sénat, moins élevé, se base notamment sur plusieurs enquêtes de victimation menées par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), qui en 2015 faisait état de 700 000 élèves harcelés sur 12 millions, soit 5,8 %, et en 2017 avançait le chiffre de 5,6 %.

Le harcèlement plus courant au collège

Effectuée à la demande de l’association « Marion La main tendue » et de la région Île-de-France, une étude de l’Ifop sur le harcèlement entre pairs en milieu scolaire publiée en mars 2021 (1) pointe, elle, que 41 % des Français indiquent avoir subi au moins un acte de violence verbale, physique ou psychologique répétée et continue dans le contexte scolaire.

Pour plus de la moitié d’entre eux (54 %), le harcèlement s’est déroulé lorsqu’ils étaient au collège, pour 23 % lors de l’école primaire et pour le reste au lycée. Dans 80 % des cas, les sévices ont duré plus de trois mois, et pour 38 % des victimes plus d’un an.

Dans le détail, les résultats de l’étude montrent que le harcèlement concerne davantage certaines classes sociales. La propension à être victime d’actes de violences en milieu scolaire décroît de façon linéaire avec le niveau de revenus. Elle passe de 32 % pour les hauts revenus à 49 % pour les catégories les plus pauvres.

Les pensées suicidaires plus élevées chez les victimes de harcèlement

Le genre n’apparaît pas comme une variable discriminante. Les femmes déclarent davantage avoir subi des violences verbales alors que les hommes sont plus exposés aux violences physiques. Les homosexuels ou bisexuels sont, eux, plus nombreux que les hétérosexuels à avoir subi des actes de harcèlement scolaire (54 % contre 41 %).

L’étude rappelle que les tentatives de suicide et les pensées suicidaires sont plus élevées chez les victimes de harcèlement scolaire (12 % et 36 %) que parmi l’ensemble de la population (9 % et 27 %).

CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.la-croix.com

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