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Cette météorite a vu naître le Système solaire !

En 2020, une étrange météorite était retrouvée dans le Sahara. Son analyse a montré qu’elle se serait formée juste avant la Terre, il y a 4,566 milliards d’années. Sa composition permet donc de mieux caractériser la nature de la nébuleuse qui a donné naissance aux planètes de notre Système solaire.

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Il arrive que certaines avancées scientifiques ne reposent que sur des indices extrêmement ténus, ou sur un coup de chance. C’est le cas notamment des travaux qui portent sur les origines du Système solaire.

Car si les témoins de cette période qui pré-date de peu la formation des planètes existent bel et bien, ils restent excessivement rares. Ils errent en effet dans le Système solaire sous la forme de petits corps rocheux. Alors, il faut bien de la chance pour que l’un d’eux s’écrase sur la Terre et soit retrouvé par les scientifiques dans un état permettant son analyse. Et c’est pourtant ce qu’il s’est produit en mai 2020.

Un témoin de l’aube du Système solaire tombé sur Terre

Dans le Sahara algérien, des chercheurs découvrent en effet une météorite de plus de 31 kilos. Nommée Erg Chech 002, cette météorite est composée de roches volcaniques (andésite) et aurait cristallisé il y a 4,566 milliards d’années, ce qui en fait la plus vieille roche magmatique retrouvée sur Terre. L’astéroïde dont est issu Erg Chech 002 se serait donc formé avant notre Planète, ce qui en fait un témoin direct de l’aube de notre Système solaire.

L’analyse de sa composition nous permet ainsi de mieux comprendre la composition du nuage de poussières qui a donné naissance à notre Soleil et aux planètes qui l’entourent.

Les météorites, des capsules temporelles qui permettent de remonter le temps

Il y a plus de 4,56 milliards d’années, point de planètes donc, mais un nuage de gaz et de poussières dont le centre, plus dense, va s’effondrer sur lui-même pour former l’embryon de notre Soleil. Celui-ci va continuer d’absorber du matériel de ce disque proto-planétaire, laissant les restes pour la formation des planètes. Si la composition du Soleil, de la Terre et des autres planètes nous permet aujourd’hui d’avoir une idée de la composition de cette nébuleuse primitive, de nombreuses zones d’ombre persistent. Quelque 4,5 milliards d’années ont en effet modifié considérablement cette signature chimique, notamment sur Terre où la tectonique des plaques favorise un remaniement perpétuel et quasi global de ses composants.

Ce n’est cependant pas le cas des météorites, qui, au cours de leur errance dans l’espace, subissent peu de modifications. Elles peuvent donc être considérées comme des capsules temporelles, dont la composition chimique est assez représentative de l’environnement dans lequel elles se sont formées.

Des précisions sur la composition de la nébuleuse solaire

La composition andésitique plutôt inhabituelle de la météorite Erg Chech 002 suggère ainsi qu’elle a certainement fait partie de la phase de formation d’un corps planétaire dont le développement s’est arrêté de manière précoce. Elle contient notamment un isotope stable, le magnésium-26, qui est un produit de la décroissance radioactive de l’isotope radioactif aluminium-26. Celui-ci a la particularité d’être produit durant les violentes explosions qui accompagnent la mort des étoiles massives.

C’est l’analyse de la composition isotopique qui a permis de déterminer l’âge de la météorite. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature communications révèle également que Erg Chech 002 aurait possédé une plus grande quantité d’aluminium-26 que d’autres météorites possédant une composition minérale similaire. Cela suggère premièrement que cet élément n’était pas distribué de façon homogène à travers la nébuleuse solaire ; deuxièmement, cela suppose que les quantités de matière stellaire étaient encore fortes dans la nébuleuse solaire au moment du début de la formation des planètes. Ces résultats viennent donc appuyer l’hypothèse que notre jeune Système solaire a été inondé de matériel radioactif issus de l’explosion de supernovas.

Written by Emilie Grenaud

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