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15 femmes et 32 enfants de djihadistes rapatriés par la France

A woman clad in mask due to the COVID-19 coronavirus pandemic walks next to a child by tents at Camp Roj, housing family members of people accused to belong to the Islamic State (IS) group who were relocated from al-Hol camp, in the countryside near al-Malikiyah (Derik) in Syria's northeastern Hasakah province on September 30, 2020. (Photo by Delil SOULEIMAN / AFP)
DELIL SOULEIMAN / AFP A woman clad in mask due to the COVID-19 coronavirus pandemic walks next to a child by tents at Camp Roj, housing family members of people accused to belong to the Islamic State (IS) group who were relocated from al-Hol camp, in the countryside near al-Malikiyah (Derik) in Syria’s northeastern Hasakah province on September 30, 2020. (Photo by Delil SOULEIMAN / AFP)

DELIL SOULEIMAN / AFP

La France a rapatrié mardi 15 femmes et 32 enfants qui étaient détenus dans les camps de prisonniers jihadistes dans le nord-est de la Syrie, comme dans cette photo prise en 2020, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

SYRIE – La France a rapatrié ce mardi 24 janvier 15 femmes et 32 enfants qui étaient détenus dans les camps de prisonniers djihadistes dans le nord-est de la Syrie, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

« Les mineurs ont été remis aux services chargés de l’aide à l’enfance et feront l’objet d’un suivi médico-social », a précisé le Quai d’Orsay dans un communiqué. « Les adultes ont été remises aux autorités judiciaires compétentes », a-t-il ajouté.

Et comme le fait savoir Le Parisien, les femmes adultes seront placées en garde à vue dans les locaux de la DGSI pour celles visées par un mandat de recherche ou présentées à un juge antiterroriste en vue d’une mise en examen pour celles qui étaient visées par un mandat d’arrêt. Toutes ces femmes djihadistes étant visées par des procédures pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » à la suite des attentats de janvier 2015.

Il s’agit de la troisième opération de ce type après un premier rapatriement en juillet 2022, suivi d’un second en octobre 2022.

Les femmes et enfants rapatriés ce mardi, proches de djihadistes de l’État Islamique, se trouvaient dans le camp de Roj sous administration kurde, situé à une quinzaine de kilomètres des frontières irakienne et turque. Les autorités françaises ont d’ailleurs remercié « l’administration locale du nord-est de la Syrie pour sa coopération, qui a rendu possible cette opération ».

Obligation de protection

Cette opération intervient peu de temps après que le Comité contre la torture de l’ONU a condamné la France pour ne pas avoir rapatrié les ressortissantes françaises des camps de prisonniers du nord-est de la Syrie. Le Comité avait été saisi en 2019 par des familles de ces femmes et enfants, considérant que la France, en ne procédant pas à leur retour, violait les articles 2 et 16 de la Convention contre la torture et les traitements inhumains ou dégradants.

L’État français, dans ses observations transmises au comité onusien et citées dans la décision rendue la semaine dernière, avait motivé sa politique de rapatriement au cas par cas, en soulignant que la Convention n’imposait pas à un pays de protéger ses ressortissants dans un territoire qui n’est pas sous sa juridiction.

Le Comité a toutefois estimé que si l’État français « n’est pas à l’origine des violations subies » par les femmes et les enfants dans les camps, « il demeure toujours dans l’obligation » de les protéger « contre des violations graves des droits de l’homme en prenant toutes les mesures nécessaires et possibles ».

La France avait déjà été condamnée en 2022 par le Comité des droits de l’enfant puis par la Cour européenne des droits de l’homme pour son manque d’action dans le retour de femmes et de mineurs.

Ces Françaises s’étaient rendues volontairement dans les territoires contrôlés par les groupes djihadistes en zone irako-syrienne. Elles avaient été capturées au moment de la chute de l’Organisation de l’État islamique en 2019.

300 mineurs rapatriés

Ces Françaises s’étaient rendues volontairement dans les territoires contrôlés par les groupes djihadistes en zone irako-syrienne. Elles avaient alors été capturées au moment de la chute de l’Organisation de l’État islamique en 2019. Et leurs enfants sont pour nombre d’entre eux nés dans les camps. Sollicité par l’AFP, le Quai d’Orsay n’a pas précisé combien d’enfants et femmes sont susceptibles d’être encore rapatriés.

Environ 300 mineurs français ayant séjourné dans des zones d’opération de groupes terroristes sont rentrés en France, dont 77 par rapatriement, avait indiqué début octobre le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti lors d’une audition devant le Sénat.

Malgré les exhortations répétées de l’administration kurde, la plupart des pays occidentaux refusaient jusqu’alors de rapatrier leurs citoyens de ces camps, se contentant de rapatriements au compte-goutte par crainte d’éventuels actes terroristes sur leur sol.

Mais les recours judiciaires se sont multipliés dans les pays alors que dans les camps la violence est endémique et les privations nombreuses. Mi-décembre, un collectif de familles des ressortissantes françaises détenues avait d’ailleurs indiqué que 150 enfants restaient encore « parqués dans les camps de prisonniers syriens ».

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CET ARTICLE A ETE COPIE SUR www.huffingtonpost.fr

Written by Emilie Grenaud

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